16 octobre 2009
Réfugiés de la faim J Ziegler
par Amitié entre les peuples
Jean ZIEGLER est proposé par le BE du MRAP à son prochain CA comme intervenant principal pour les "60 ans du MRAP". Voici un de ses textes écrit et publié en 2008.
Les notes de renvoi sont à lire sur le site source ici
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/ZIEGLER/15658
La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres à l’heure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec un fracas effroyable, s’abattaient sur la frêle embarcation de bois. Celle-ci était partie d’une crique de la côte de Mauritanie, dix jours auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage d’El Medano, dans une petite île de l’archipel des Canaries. Au fond de la barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois adolescents et d’une femme, morts de faim et de soif.
La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage d’El Hierro, un autre rafiot s’échoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes, spectres titubants à la limite de l’agonie (1).
A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion d’observation de l’organisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui – probablement par suite d’une panne de moteur – dérive sur les flots agités. A bord du zodiac, les caméras de l’avion identifient des enfants en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises, qui refusent d’agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ». La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n’y fait. L’Europe ne bouge pas. On perd toute trace des naufragés.
Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries, avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants (2).
Des milliers d’Africains, y compris des femmes et des enfants, campent devant les clôtures des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, dans le Rif aride. Sur injonction des commissaires de Bruxelles, les policiers marocains refoulent les Africains dans le Sahara (3). Sans provisions ni eau. Des centaines, peut-être des milliers d’entre eux périssent dans les rochers et les sables du désert (4).
Combien de jeunes Africains quittent leur pays au péril de leur vie pour tenter de gagner l’Europe ? On estime que, chaque année, quelque 2 millions de personnes essaient d’entrer illégalement sur le territoire de l’Union européenne et que, sur ce nombre, environ 2 000 périssent en Méditerranée, et autant dans les flots de l’Atlantique. Leur objectif est d’atteindre les îles Canaries à partir de la Mauritanie ou du Sénégal, ou de franchir le détroit de Gibraltar au départ du Maroc.
Selon le gouvernement espagnol, 47 685 migrants africains sont arrivés sur les côtes en 2006. Il faut y ajouter les 23 151 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes ou à Malte au départ de la Jamahiriya arabe libyenne ou de la Tunisie. D’autres essaient de gagner la Grèce en passant par la Turquie ou l’Egypte. Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, M. Markku Niskala commente : « Cette crise est complètement passée sous silence. Non seulement personne ne vient en aide à ces gens aux abois, mais il n’y a pas d’organisation qui établisse ne serait-ce que des statistiques rendant compte de cette tragédie quotidienne (5). »
Pour défendre l’Europe contre ces migrants, l’Union européenne a mis sur pied une organisation militaire semi-clandestine qui porte le nom de Frontex. Cette agence gère les « frontières extérieures de l’Europe ».
Elle dispose de navires rapides (et armés) d’interception en haute mer, d’hélicoptères de combat, d’une flotte d’avions de surveillance munis de caméras ultrasensibles et de vision nocturne, de radars, de satellites et de moyens sophistiqués de surveillance électronique à longue distance.
Frontex maintient aussi sur sol africain des « camps d’accueil » où sont parqués les réfugiés de la faim, qui viennent d’Afrique centrale, orientale ou australe, du Tchad, de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Cameroun, de l’Erythrée, du Malawi, du Zimbabwe… Souvent, ils cheminent à travers le continent durant un ou deux ans, vivant d’expédients, traversant les frontières et tentant de s’approcher progressivement d’une côte. Ils sont alors interceptés par les agents de Frontex ou leurs auxiliaires locaux qui les empêchent d’atteindre les ports de la Méditerranée ou de l’Atlantique. Vu les versements considérables en espèces opérés par Frontex aux dirigeants africains, peu d’entre eux refusent l’installation de ces camps. L’Algérie sauve l’honneur. Le président Abdelaziz Bouteflika dit : « Nous refusons ces camps. Nous ne serons pas les geôliers de nos frères. » Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient
La fuite des Africains par la mer est favorisée par une circonstance particulière : la destruction rapide des communautés de pêcheurs sur les côtes atlantique et méditerranéenne du continent. Quelques chiffres.
Dans le monde, 35 millions de personnes vivent directement et exclusivement de la pêche, dont 9 millions en Afrique (6). Les poissons comptent pour 23,1 % de l’apport total de protéines animales en Asie, 19 % en Afrique ; 66 % de tous les poissons consommés sont pêchés en haute mer, 77 % en eaux intérieures ; l’élevage en aquaculture de poissons représente 27 % de la production mondiale. La gestion des stocks de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des zones économiques nationales revêt donc une importance vitale pour l’emploi et la sécurité alimentaire des populations concernées.
La plupart des Etats de l’Afrique subsaharienne sont surendettés. Ils vendent leurs droits de pêche à des entreprises industrielles du Japon, d’Europe, du Canada. Les bateaux-usines de ces dernières ravagent la richesse halieutique des communautés de pêcheurs jusque dans les eaux territoriales. Utilisant des filets à maillage étroit (interdits en principe), elles opèrent fréquemment en dehors des saisons où la pêche est autorisée. La plupart des gouvernements africains signataires de ces concessions ne possèdent pas de flotte de guerre. Ils n’ont aucun moyen pour faire respecter l’accord. La piraterie est reine. Les villages côtiers se meurent.
Les bateaux-usines trient les poissons, les transforment en surgelés, en farine ou en conserves, et expédient du bateau aux marchés. Exemple : la Guinée-Bissau, dont la zone économique abrite un formidable patrimoine halieutique. Aujourd’hui, pour survivre, les Bissagos, vieux peuple pêcheur, sont réduits à acheter sur le marché de Bissau – au prix fort – des conserves de poisson danoises, canadiennes, portugaises.
Plongés dans la misère, le désespoir, désarmés face aux prédateurs, les pêcheurs ruinés vendent à bas prix leurs barques à des passeurs mafieux ou s’improvisent passeurs eux-mêmes. Construites pour la pêche côtière dans les eaux territoriales, ces barques sont généralement inaptes à la navigation en haute mer.
Et encore… Un peu moins d’un milliard d’êtres humains vivent en Afrique. Entre 1972 et 2002, le nombre d’Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.
Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.
Prenons l’exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l’Afrique de l’Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. – au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.
Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu’à quinze heures par jour… et n’a pas la moindre chance d’acquérir un minimum vital décent.
Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.
Peu d’êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambara du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants.
Revenons à Frontex. L’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d’une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l’autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim.
Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et technologiques que l’Europe des Vingt-Cinq déploie contre les flux migratoires africains sont, en fait, ceux d’une guerre en bonne et due forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et urbains sans défense, dont les droits à l’éducation, à l’information économique, au travail et à l’alimentation sont bafoués dans leurs pays d’origine sous ajustement structurel. Victimes de décisions et de choix macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont chassés, traqués et humiliés lorsqu’ils tentent de chercher une issue dans l’émigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles Canaries, de Lampedusa ou d’ailleurs, sont autant de naufragés de l’émigration forcée et criminalisée (7). »
Grève de la faim à Lyon
FTCR a écrit :
Nous venons de recevoir une pétition de 68 sans papiers, adressé au directeur du centre de rétention de Lyon pour l’informer de leur décision d’entamer une grève de la faim, ce jeudi 15 octobre 2009. Dans cette lettre, les signataires dénoncent la décision du gouvernement d’empêcher la CIMADE « de faire son devoir », la volonté du gouvernement de suivre une politique d’expulsion basée sur le chiffre uniquement, sans se soucier d’une situation humaine plus complexe. Ils contestent la décision des juges qui prolongent automatiquement les rétentions, les fausses informations dont ils font l’objet et les reconduites aux frontières pour des pays qu’ils ne sont pas les leurs Ils réclament leur libération immédiate. La FTCR apporte son soutien aux grévistes de la faim et appelle le gouvernement à réexaminer leur situation en prenant en considération leurs revendications. Paris, le 15 octobre 2009 ========================================================================= Ci – après la lettre des 68 retenus A l’attention de Mr. Le Directeur du Centre de Rétention Lyon le 15/10/2009 Monsieur, On vous informe qu'à partir de ce Jour on a entamé une Grève de la Faim, pour les raisons suivantes : 1- Le Gouvernement empêche la CIMADE de faire son devoir selon la loi. 2- On conteste les décisions des Juges, (Bonjour, 15 jours) qui sont basées seulement sur une politique du chiffre, de 28000 expulsés par année. 3 - On conteste les prolongations automatiques sans examiner du tout nos situations administratives. 4- On conteste les fausses informations de reconduites aux Frontières. Nous ne sommes pas du tout informés de notre départ en direction de nos Pays. 5- Certaines personnes sont renvoyées dans des pays qui ne sont même pas les leur, tandis que d'autres sont renvoyées dans leurs pays sans l'autorisation du Consulat des pays concernés. ON EXIGE NOTRE LIBERATION, ICI, MAINTENANT, TOUT DE SUITE. 6 - On demande l'intervention d'une organisation neutre, pour revendiquer nos Droits selon la Justice, le Liberté, l'Egalité et la Fraternité. La plupart des cas : nous sommes jugées sur la forme et non pas sur le fond. 7 - On demande à la Préfecture de réexaminer nos situations cas par cas. 8 - Certains détenus ont été frappé par la PAF d'autant plus qu'il y avait des mineurs, et nous trouvons cela inhumain, humiliant, il y a de quoi se révolter face à ces actes semblables. 9 - Nous nous plaignons des soins, des médecins. Nous sommes dans un pays laïc, tandis que nos repas ne sont pas cachères, le racisme règne aux centres de Rétentions. La Laïcité n'est pas respectée. 10 - Il faut procéder par une méthode de réadmission des retenus et prendre en considération leurs attachements familiaux. Signés par 68 retenus du Centre de Rétention Administratif de Saint Exupéry .
Organisation de Femmes Egalité
femmesegalite@yahoo.com
www.femmes-egalite.org
Communiqué
Une circulaire pour régulariser les travailleuses et les travailleurs sans papiers !
Services à la personne : les travailleuses sans papiers rentrent aussi dans le mouvement
Plus de 1000 travailleurs sans papiers se sont mis en grève le 12 octobre pour exiger que les mêmes critères de régularisation par le travail soient appliquées à tous et toutes.
Notre Organisation de Femmes Egalité, aux côtés des syndicats, CGT, CFDT, Union Syndicale Solidaires, FSU, UNSA, et des Associations, LDH, Cimade, RESF, Autremonde et Droits Devant, soutient ce mouvement. Nous exigeons une circulaire qui établisse des critères améliorés, simplifiés, appliqués sur l’ensemble du territoire national pour la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers.
Les travailleuses sans papiers, exerçant principalement dans les services à la personne, rentrent aussi dans le mouvement. Avec elles nous exigeons du gouvernement qu’il applique à toutes les femmes sans papiers travaillant dans ce secteur les mêmes critères qu’il a appliqués à toutes celles qui ont été régularisées suite au mouvement de grève du 15 avril 2008.
Sur les 90 femmes dont les dossiers ont été présentés aux préfectures en 2008, 11 n’ont pas encore été convoquées. Les préfectures n’ont pas examiné leurs dossiers, sans aucune raison.
Nous ne baisserons pas les bras tant que ces femmes ne seront pas régularisées.
Derrière elles, il y a très nombreuses sont les femmes qui travaillent dans l’ombre, qui gardent des enfants ou les cherchent à l’école, s’occupent des personnes âgées, font le ménage, le repassage, les courses et autres tâches domestiques. Leur travail est socialement nécessaire et très recherché.
Les travailleuses à domicile exercent une activité dans un secteur qui est toujours sous tension car la main d’œuvre manque.
Travaillant chez les particuliers elles ne peuvent pas faire grève, leur voix est leur force pour se faire entendre et la grève des travailleurs sans papiers leur arme pour obliger le gouvernement à considérer aussi leur situation. Le 17 octobre dans la manifestation pour les Droits des Femmes, elles seront nombreuses pour le dire.
Comme nous l’avons dit depuis le début de notre engagement aux côtés des travailleuses sans papiers et des travailleurs grévistes, nous poursuivrons le combat jusqu’à leur régularisation.
Un point de presse sera organisé le 17 octobre à 14 précises, devant le N°2 du Bd Beaumarchais 75011
Paris le 15 octobre 2009
Organisation de Femmes Egalité
Contact 06 282 56 282
12 octobre 2009
Luttes
Sent: Monday, October 12, 2009 1:55 PM
Subject: [PG Migrations] Nouvelle vague de grèves / Dépêche AFP
Plus d'un millier de salariés sans-papiers ont entamé aujourd'hui une grève coordonnée et l'occupation de plusieurs sites à Paris, dont le siège du patronat des travaux publics (FNTP) pour exiger l'application identique pour tous des critères de régularisation par le travail, selon des sources concordantes.
"On a plus d'un millier de travailleurs sans papiers en grève, regroupés sur six sites", a indiqué à l'AFP Raymond Chauveau, qui pour la CGT coordonne ce mouvement, avec le concours de Solidaires (syndicats Sud) et le soutien de neuf autres syndicats et associations, dont la CFDT et la Cimade.
Dans une récente lettre au gouvernement, ces syndicats et associations ont pointé les blocages qui "persistent voire grandissent", faisant obstacle selon eux à une application égale pour tous des textes permettant la régularisation par le travail, et livrant les travailleurs concernés au règne de l'arbitraire.
Selon M. Chauveau, environ 160 se sont regroupés 9 rue de Berry (VIIIe) au siège de la fédération patronale des travaux publics (FNTP), qui a confirmé à l'AFP qu'"une centaine de travailleurs avaient investi pacifiquement son hall d'entrée vers 10h00".
Dans le même arrondissement, selon M. Chauveau, une cinquantaine de travailleurs sans-papiers occupaient également les locaux d'un organisme de formation professionnelle de la restauration, le Fafih, 3 rue de la Ville l'Evêque, ce qu'une source proche a également confirmée.
Dans le XVIIe arrondissement, environ 350 intérimaires sans-papiers ont entamé l'occupation de trois agences, à l'enseigne CRIT et Synergie rue de Rome, tandis qu'une centaine d'autres se sont installés dans les locaux du groupe Samsic (propreté) rue des Combes. La direction de Samsic n'était pas joignable dans l'immédiat.
Les ouvriers sans-papiers de deux chantiers, une cinquantaine sur un site en démolition rue Lapérouse (XVIe) et une trentaine à Massy sur un site sous-traité par le groupe Bouygues à la société GCC ont également débrayé, selon M. Chauveau.
Manifestation pour la régularisation des sans-papiers à Paris
LEMONDE.FR avec AFP | 10.10.09 | 17h34 Plusieurs milliers de personnes, 3 800 selon la police et 20 000 selon les organisateurs, ont défilé samedi 10 octobre dans les rues de Paris pour demander "la régularisation de tous les sans-papiers". A l'initiative de collectifs de sans-papiers, la manifestation est partie de la rue Baudelique dans le 18e arrondissement, en face d'un immeuble qu'ils ont baptisé "ministère de la régularisation globale de tous les sans-papiers"abritant plusieurs centaines de personnes d'origine immigrée. Le cortège, très majoritairement masculin et noir, était précédé d'une banderole proclamant "Tous ensemble pour la régularisation de tous les sans-papiers". Il devait rejoindre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, où une délégation devait être reçue dans l'après-midi. "Ces sans-papiers sont dans la précarité, ils veulent travailler, payer des impôts, sortir de l'ombre", a expliqué Mamadou Bramé, un des porte-parole du comité des sans-papiers 75. Derrière la banderole, Pascal Julien, adjoint (Verts) au maire du 18e arrondissement, est "venu avec [son] écharpe, pour qu'un peu de République soit aux côtés des sans-papiers". "Bertolt Brecht disait 'on ne met pas un peuple en prison', de la même façon, moi je dis, on n'expulse pas un peuple qui fait partie du peuple français", a poursuivi M. Julien. "Est-ce qu'aujourd'hui, on peut toujours être fier de la France et de ses valeurs quand on voit que la délation est acceptée?", s'est interrogé Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France), en référence à l'arrestation d'un sans-papiers samedi dernier après dénonciation de son banquier, dans une agence de la Société Générale. Le président du Cran a indiqué qu'il rencontrerait lundi la direction de la banque pour "savoir s'il s'agit d'un acte isolé ou d'une politique générale de la banque", précisant que dans le deuxième cas, "il y aura une mobilisation dont je peux déjà dire qu'elle ne sera pas faible".




