Collectif 28 pour la régularisation des "sans papiers"

"J'ignorais qu'il était si facile de faire son devoir." Jean Moulin

05 novembre 2009

Pétition pour les travailleurs grévistes

 4800 sans papiers, les uns en CDI ou en CDD, d’autres travaillant au noir ou sous une autre identité sont en grève depuis le 12 octobre pour demander la régularisation des travailleurs sans papiers. Le RESF est évidemment solidaire de leur combat. D’abord parce que certains de ces travailleurs ont des enfants scolarisés, nos élèves, les camarades de classe de nos enfants. Mais aussi parce que la situation faite à ces travailleurs, qu’on voudrait priver et livrer sans défense à des exploiteurs est une honte que nous ne pouvons pas tolérer sous pein de disqualifier aux yeux des jeunes générations nos discours sur les droits de l’homme, la liberté et la démocratie.

DES PAPIERS POUR LES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS

Pour signer la pétition (c’est important !)   http://www.travailleurssanspapiers.org

 

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03 novembre 2009

MANIFESTATION DES SANS PAPIERS SAMEDI 14 NOVEMBRE A 14H DEPART DE DENFER-ROCHEREAU VERS LE MNISTERE DE « L'IDENTITE NATIONALE »





Après le « ministère de l'identité nationale »,
voilà le débat sur « l'identité nationale » : Où va le pays?

Après la rafle des réfugiés Afghans dans la jungle' de Calais, après la barbarie de la déportation vers un pays en guerre, après le lapsus révélateur quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a problème', aprè ;s la loi sur l'immigration choisie'qui permet de trier les étrangers comme des marchandises, après la chasse aux sans papiers traqués, piégés, expulsés, après l'insulte de racaille' adressée aux habitants des quartiers populaires, après le dénigrement qui discrimine la France, on l'aime ou on la quitte' visant les Fadela, les Rama, les Rachida, les Ozgur et les N'Guyen Français(e)s, voilà la grande interrogation sur l'identité Française' agitée en cette veille d'élections régionales par une droite de plus en plus aux abois. En effet les mimes trompeuses qui lui ont permis d'avoir la mainmise sur l'électorat xénophobe lepéniste font de moins en moins recettes.
Déjà le pa ssé récent est rempli de délires qui montrent bien que le racisme, en plus d'être dans la loi un délit que l'on ne punit pas en France, c'est un « communautarisme » de «petit blanc ». Lisez vous mêmes : « Nous récusons l'image caricaturale faite de notre peuple qui serait xénophobe, mais il pourrait le devenir si on ne réglait pas le problème » François Léotard (UDF) Le Monde - 19 novembre 1997, Pierre André Taguieff du CNRS déclarait à la question « Islam et islamisme ? » : « Ce n'est pas la même chose, certes. Mais deux millions de musulmans en France, c'est deux millions d'intégristes potentiels », le même se fendait de «Face à une doctrine nationaliste forte, il faut repenser la nation à l'heure de la mondialisation, résorber le chômage, et réguler les flux migr atoires » ( dans l'Évènement du Jeudi du 20 au 26 fév. 1997), M. Jaques Soustelle dans le Figaro magazine du 14 mars 1990, il y a presque 20 ans, disait : « On ne peut assimiler que ce qui est assimilable », le 14 octobre 1993, M. Charles Pasqua (RPR) déclarait : « Le plus difficile pour le creuset français, c'est l'intégration des populations venues d'Afrique et notamment d'Afrique du Nord », M. Pierre Mazeaud (RPR) disait : « Hier d'origine européenne, la population est aujourd'hui d'origine extra-européenne. L'intégration est d'autant plus difficile », M. Christian Estrosi (UDF) dans un débat parlementaire de juillet 1993 : « D'une immigration européenne proche culturellement donc facilement assimilable, nous sommes passés à une immigration plus difficilement assimilable justement en raison de différences historiques et culturelles profondes ». 
En fait une partie de la droite, manifestement celle qui est aujourd'hui au pouvoir ne fait que singer Le Pen et le Front National (FN), lequel n'a cessé de propager que « les africains...c'est l'invasion », que les « hôpitaux parisiens sont occupés aux trois quarts par des étrangers, laissant aux parisiens, et donc à tous les français, le seul droit d'aller consulter les sorciers de Ouagadougou »(Le Pen cité par Le Monde du 21/07/85), qu'il faut des « tribunaux spéciaux pour les étrangers », Le Figaro Magazine prétendait même révéler « pour la première fois les chiffres secrets (!?) qui dans les trente années à venir mettront en péril les identités nationales et détermineront le sort de notre civilisation »; « serons-nous encore français dans trente ans?» se demandait-il.
Même la gauche socialiste n'a pas échappé à cette dérive quand elle répétait que « Le Pen pose un vrai problème, mais apporte de fausse solution » ou « la France ne peut accueillir toute la misère du monde » (Michel Rocard). 
La CNSP déclare que :
la nation, l'identité nationale est une catégorie historique de l'ère moderne qui n'est pas figée, fixée une fois pour toute, mais évolue en intégrant notamment un peuplement nouveau. Toute l'histoire de France le prouve et c'est ce qu'enseignait F. Braudel en disant q ue « la population Française est un tissu composé de plusieurs ethnies, de plusieurs peuples régionaux rassemblés, auxquels se sont joints, par les différentes immigrations depuis plus d'un siècle, des étrangers d'Europe ou de pays lointains ». 
la seconde partie de sa définition est celle qui a été instrumentalisée par les élites pour diaboliser les Français et l'immigration les plus récents, celle issue des ex-colonies de la France : « tant d'immigrés … ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse Française que l'on pourrait dire …, que tous les Français… sont fils d'immigrés » (L'identité de la France, Arthaud, 1986). 
en effet « l'assimilation forcée » a été un projet colonial Français vis à vis des peuples colonisés et qui a échoué. Donc la difficulté consiste justement dans le fait que les Français issus de la colonisation, ceux ghettoïsés dans les « banlieues » et dont les « pères » sont enterrés dans les cimetières des deux guerres mondiales transforment peu à peu la France en Nation multicolore, multiculturelle et multi-religieuse.
La laïcité est une conquête démocratique, progressiste dans une France alors « judéo-chrétienne » qui consiste dans la séparation entre l'Etat et la religion et qui à l'école s'appliquait aux programmes scolaires, aux locaux et aux adultes. Pourquoi donc vouloir l'appliquer de façon discriminatoire aux enfants des Français récents et de l'immigration récente de confession musulmane?
Le Président Sarkozy déclare que « la terre fait partie de l'identité nationale », alors les quartiers populaires font-ils partie de cette « terre d'identification »?
La devise Liberté, Egalité, Fraternité résulte de conquêtes démocratiques du peuple tant en 1789, 1793, 1871 lors de la Commune, 1936, dans la Résistance contre l'occupant Nazie et en 1968, etc. Mais à tous ces combats ont participé et payé un lourd tribut les immigrations successives.
Qui est plus « Français » entre l'Arm& eacute;nien Manouchian, le Polonais Politzer, le Malien Garang Kouyaté, tous fusillés par l'occupant Nazi et Pétain, Laval, Papon, Bousquet, etc. et tant d'autres Français collabos. Qui est donc plus « Français » entre De Gaulle, Möcquet, Duclos, Jean Moulin, Frachon, les dirigeants FTP et les « tirailleurs » musulmans ou bouddhistes morts pour la France? Qui peut se donner le droit de rayer de « l'identité Française» ces « étrangers » sans lesquels ceux qui délirent aujourd'hui hypocritement sur « l'identité menacée » ne seraient pas libres ?
La seule conclusion que l'on peut tirer de tout cela est : ce « débat sur l'identité nationale » reflète les résistances réactionnaires de l'élite gouvernante à ; accepter une France devenue de fait multicolore, multiculturelle et multi-religieuse. Cette provocation a un autre but : diviser les travailleurs de toutes couleurs, de toutes origines, de toutes cultures et de toutes religions, avec ou sans religion, avec ou sans papiers face à la broyeuse sociale patronale amplifiée par la crise systémique actuelle du capitalisme.
Voilà pourquoi la CNSP appelle à l'unité des travailleurs et du peuple de France, à l'unité des syndicats, des associations, des forces politiques pour dire : assez de poison raciste, nous voulons vivre ensemble dans l'égalité des droits pour tous :
Abrogation des lois racistes Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkozy/Hortefeux/Besson - Arrêt de la c hasse à l'humain étranger et de la politique des quotas d'expulsions - Fermeture des Centres de Rétention - Arrêt des expulsions - Régularisation de tous les sans papiers – Suppression de l'appellation « Ministère de l'identité nationale » - Egalité des droits -
Fait à Paris le 1er novembre 2009

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France : Il faut abolir le statut juridique arbitraire des mineurs étrangers à l’aéroport de Roissy

Les autorités françaises devraient cesser de prétendre que cet endroit ne se trouve pas en France et elles devraient offrir aux mineurs la protection à laquelle ils ont droit.

Simone Troller, chercheuse sur les droits des enfants en Europe pour Human Rights Watch
La « zone d’attente » met les mineurs étrangers isolés en danger
Octobre 29, 2009

Le système français de détention et d'expulsion des mineurs étrangers isolés qui arrivent à Paris par voie aérienne met gravement en danger ces enfants, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces conclusions sont basées sur le rapport de 71 pages intitulé « Perdus en zone d'attente : Protection insuffisante des mineurs étrangers isolés à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle ».

En 2008, la police aéroportuaire a éloigné un tiers des 1 000 mineurs étrangers isolés qui sont arrivés à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle à Paris et se sont vu refuser le droit d'accès au territoire français. Le point de vue de la France est que ces enfants n'ont pas encore pénétré en France et elle les maintient dans une « zone d'attente » où ils sont privés des droits octroyés aux autres mineurs étrangers se trouvant sur le territoire français.

« L'argument de la France selon lequel ces mineurs ne sont jamais entrés en France est absurde », a déploré Simone Troller, chercheuse à la division Droits de l'enfant de Human Rights Watch. « Les traiter ainsi est irresponsable et dangereux. »

La police aux frontières de l'aéroport de Roissy a placé des mineurs dans le même lieu de détention que les adultes, exposant ces enfants au risque d'abus. Il est fréquent que les policiers menacent d'expulsion des mineurs qui ont pas plus de six ans, obligent les enfants à se déshabiller pour les soumettre à des fouilles corporelles, les menottent lors de trajets vers des hôpitaux et ordonnent des examens d'âge gênants même dans les cas où il ne fait aucun doute que l'enfant a moins de 18 ans. Les policiers tirent parti de la vulnérabilité des mineurs sur le plan émotionnel et physique, les intimidant et exerçant des pressions pour qu'ils signent des documents qui, sans qu'ils le sachent, leur font renoncer à certains droits dont ils jouissent pourtant.

Les mineurs sont éloignés vers des pays où ils n'avaient fait que transiter ou sont forcés de poursuivre leur voyage vers une autre destination, sans bénéficier des garanties suffisantes assurant qu'ils ne seront pas exposés au risque d'exactions et qu'ils seront pris en charge à leur arrivée. La police peut expulser des mineurs avant même que leurs représentants désignés n'arrivent, privant ainsi les enfants de l'occasion de contester leur détention et leur expulsion.

« Daniel S. », dix-sept ans, a expliqué à Human Rights Watch qu'au départ, la police aux frontières avait refusé de recevoir sa demande d'asile et l'avait menacé d'éloignement :

« [La police] m'a fait venir à un bureau. On a pris ma photo et on m'a donné un papier à signer. J'ai dit que je ne signerais pas. Alors le policier m'a dit que je serais expulsé de toute façon, que je signe ou pas. J'ai répété que je voulais demander l'asile mais le policier s'est moqué de moi et m'a répondu, ‘ce n'est pas la peine' et il m'a dit que je serais renvoyé quand-même. »

« Quand il a dit ça, ce moment là, j'ai eu envie de me suicider. J'avais vécu tant de choses et j'avais toujours eu la force de m'en sortir, j'avais fait plein d'efforts pour me sauver et j'étais arrivé là où je croyais que je serais enfin en sécurité. J'avais l'impression que tout s'écroulait. Et j'ai pensé : si j'ai l'occasion de me jeter par la fenêtre, je le ferai. »

Le gouvernement français affirme que la détention des mineurs étrangers isolés à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle les protège contre les dangers, y compris celui de tomber entre les mains de réseaux de traite d'être humains. Human Rights Watch a découvert que la vérité était tout autre. En fait, des membres des réseaux rendent visite aux enfants et peuvent leur téléphoner au centre de détention de l'aéroport. Par ailleurs, en l'espace de trois semaines, une série d'incidents alarmants ont eu lieu, notamment une tentative de suicide, une dépression nerveuse et le harcèlement sexuel d'un garçon par un autre détenu.

Dans la plupart des cas, des représentants légaux - des administrateurs ad hoc - sont désignés pour représenter et assister les mineurs et dernièrement, le gouvernement s'est engagé à ce que chaque mineur retenu à l'aéroport ait un tel représentant. Mais les administrateurs ad hoc ont un mandat restreint et sont confrontés à de nombreux obstacles lorsqu'ils essaient d'effectuer leur travail. Ils ne sont pas présents immédiatement après l'arrivée des mineurs, n'ont pas voix au chapitre lorsqu'il s'agit de décider si un mineur sera maintenu en détention ou expulsé, sont souvent victimes d'obstruction policière et doivent engager une course contre la montre lorsqu'ils essaient d'empêcher l'éloignement d'un mineur vers un pays où il serait exposé à des risques.

La mise sur pied, par le ministre de l'immigration, d'un groupe de travail chargé d'étudier la question des mineurs étrangers isolés, notamment ceux retenus dans la zone d'attente de l'aéroport, est un signe positif, a relevé Human Rights Watch. L'organisation estime néanmoins qu'en refusant d'envisager la suppression du système de « zone d'attente », le gouvernement limite ses possibilités d'améliorer la protection de ces mineurs et de leurs droits.

« Dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, les mineurs finissent par être traités comme des étrangers adultes », a constaté Simone Troller. « Les autorités françaises devraient cesser de prétendre que cet endroit ne se trouve pas en France et elles devraient offrir aux mineurs la protection à laquelle ils ont droit. »

Des enfants racontent leur histoire

« Juliette H. », douze ans, a expliqué à Human Rights Watch que la police les avait menacées d'expulsion, elle et une autre fillette de six ans.

« Ils ont dit, ‘Nous ne savons pas si vous reverrez un jour vos parents'. J'ai commencé à pleurer et [l'autre fille] aussi. Alors j'ai dit [à l'autre fille] qu'ils mentaient et elle s'est calmée. Les policiers ont dit que pour que cela n'arrive plus, ils puniraient mes parents. »

« Liliane A. », seize ans, a raconté à Human Rights Watch que la police l'avait enfermée pendant des heures au terminal de l'aéroport et ne l'avait pas laissée se rendre aux toilettes :

« D'abord ils m'ont enfermée dans une pièce. J'étais avec plusieurs autres personnes dans la même pièce, y compris des hommes ; on était peut-être huit ou dix au total. J'ai tenté d'appeler la police pour aller aux toilettes mais il n'y avait personne. ... Je ne pouvais pas aller aux toilettes. »

« Paco M. », seize ans, a confié à Human Rights Watch qu'il avait dû se cacher à l'intérieur du centre de rétention parce qu'un détenu adulte le harcelait sexuellement :

« J'avais peur parce qu'il y avait un type qui s'intéressait à moi. Il m'avait dit de le suivre. J'avais dit ‘non'. Je suis resté dans la pièce toute la journée. J'avais peur et je suis resté à l'intérieur. Je ne pouvais parler à personne. »

« Omar F. », seize ans, venu en France pour demander l'asile, a confié à Human Rights Watch que pendant sa rétention à l'aéroport, il se sentait stressé, effrayé et en danger.

« Le [centre de détention] est très proche de l'aéroport. Donc tu n'es en sécurité que lorsque tu es loin de l'aéroport. Chaque fois que tu vois les avions, tu penses, ‘c'est mon tour maintenant'. Tu vois qu'ils emmènent d'autres personnes pour les expulser. C'est bouleversant. »

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