Les barrières de l'innommable franchies en plein Paris

Depuis quelques années, des familles migrantes de Roumanie la plupart du
temps de culture rom, viennent  à Paris et s'installent pour dormir là où
elles le peuvent, sur des trottoirs ou dans des cabines téléphoniques,  dans
le quartier de la Bastille ou place de la République  Cette situation est
bien connue des services de la Mairie de Paris.

Ces couples sont souvent accompagnés de très jeunes enfants, voire de bébés,
Carine Fouteau de Médiapart a fait un excellent reportage l’année dernière
sur ces familles dont certaines viennent en France pour faire soigner leurs
enfants.

En plus du froid, de la pluie supportés par ces hommes, ces femmes, ces
vieillards et ces petits enfants sont soumis aux  quolibets des passants, et
pis encore à leur violence dont la barbarie, dans le cas des jets d'acide
révélé  par la même journaliste dans Médiapart le  5 février,   laisse sans
voix.

Le 16 janvier, mais également  à de nombreuses autres reprises, un individu
menaçant a attaqué ces familles par projection d'acide, détruisant  leurs
affaires et blessant certains d'entre eux. En août, une femme avait été
gravement blessée. 

Ce harcèlement, l'indifférence et la passivité de la police, ne sont pas
tolérables. Mais les conditions de vie de ces personnes, qui les laissent à
la merci de leurs agresseurs, ne le sont pas non plus. Cette situation est
indigne  d'une ville comme Paris, berceau des Droits de l'Homme, et qui
possède  de multiples moyens pour  abriter et accompagner un petit nombre de
familles dans une grande détresse et dans un immense dénuement, soumises
nuit et jour au mépris et à l'indifférence du plus grand nombre. 


Le MRAP demande solennellement au  Maire de Paris de prendre des mesures de
protection de ces familles et d'entreprendre, avec humanité et de toute
urgence, la recherche d'une solution au problème de leur hébergement.


En outre le Mrap exige que la police assure la sécurité  des personnes et
qu'il soit procédé  à l'arrestation et au jugement de l'individu mis en
cause.

Paris, le 6 février 2014