Collectif 28 pour la régularisation des "sans papiers"

23 juin 2014

FRONTEX

Nouveau rapport de la campagne Frontexit

« Frontex entre Grèce et Turquie : la frontière du déni »
Le déploiement de Frontex nuit au droit d’asile

 

À la frontière gréco-turque, l’agence européenne de surveillance des frontières extérieures, Frontex, participe à un dispositif qui empêche les réfugiés de bénéficier de la protection internationale. Le dernier rapport de la campagne FRONTEXIT, « Frontex entre Grèce et Turquie : la frontière du déni » [1] souligne les conséquences dramatiques de l’intensification de la surveillance à cette frontière (« push back », non accès à la demande d’asile, violences physiques et verbales, etc.) ainsi que le défaut de responsabilité de l’agence.

S’appuyant sur des dizaines de témoignages, ainsi que de nombreux échanges avec Frontex, le rapport documente des violations graves des droits humains commises dans ce centre de gravité des opérations de l’agence. Le Conseil de l’Europe, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits humains des migrants ainsi que de nombreuses organisations de la société civile ont récemment exprimés leurs vives préoccupations vis-à-vis des violations commises à cette frontière.

En effet, alors que l’agence et l’Union européenne se targuent d’un nombre croissant d’interceptions ces derniers mois en mer Égée, les statistiques officielles ignorent les conséquences meurtrières de cette politique : 18 naufrages recensés par nos organisations depuis septembre 2012, au moins 191 morts et plus de 30 disparus. Parmi les victimes, une majorité de réfugiés syriens, afghans, érythréens, dont beaucoup de familles et d’enfants. Si leurs embarcations avaient pu atteindre les côtes de l’Union européenne, ces personnes auraient certainement pu obtenir l’asile.

De nombreux témoignages ont confirmé la pratique d’expulsions collectives (« push-back ») : des bateaux de migrants sont interceptés et remorqués par les gardes-côtes grecs vers la Turquie, souvent avec violence, sans que les réfugiés soient identifiés, au mépris du droit international. Le rapport documente également l’usage de techniques de « dissuasion » visant à repousser les embarcations de migrants.

« Au lieu de mettre en place des mesures pour accueillir les réfugiés, l’Union européenne, à travers Frontex a persisté dans une politique intolérable de fermeture, qui vise à tout prix à empêcher les réfugiés d’atteindre les côtes européennes » a dit Karim Lahidji, Président de la FIDH.

Au vu d’un document transmis par l’agence à nos organisations, Frontex a été informé de 27 rapports d’expulsions collectives, ainsi que des problèmes d’accès à la procédure d’asile, de violences et de traitements inhumains et dégradants. Malgré ces violations, l’agence continue de fournir un soutien logistique aux opérations (bateaux, avions, caméras thermiques, formation des gardes-côtes, identification des nationalités des migrants).

« En continuant ses activités à cette frontière, malgré sa connaissance de ces violations avérées et répétées, l’agence se montre complice » a déclaré Olivier Clochard, président de Migreurop.

Enfin, le rapport souligne le manque de transparence, notamment, le non accès à la totalité des plans opérationnels (base juridique des opérations de l’agence) et les difficultés à engager la responsabilité de Frontex dans le déroulement des actions qu’elle coordonne. Frontex a récemment rejeté une recommandation de la médiatrice européenne demandant la mise en place d’un mécanisme de plainte permettant de mettre en cause l’agence et ses agents.

« Cette réponse vient confirmer la volonté de l’agence de ne pas engager sa responsabilité en tant que coordinatrice des opérations déployées aux frontières extérieures de l’Union européenne », a conclu Michel Tubiana, président REMDH.

20 juin 2014


Signataires : Migreurop-REMDH-FIDH dans le cadre de la campagne Frontexit

 

 
 

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Théâtre d'ombres

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/18/theatre-dombres/



Après trois semaines de silence et de refus de communiquer tant avec les associations qu’avec les journalistes, le préfet du Pas-de-Calais invitait aujourd’hui les associations à une réunion et les médias à une conférence de presse. On s’attendait à une annonce allant soit dans le sens du pire (l’expulsion du lieu de distribution des repas, comme il avait annoncé le 21 mai la destruction de trois campements), soit dans le sens d’une amélioration (la proposition d’un lieu où pourraient s’installer les personnes qui occupent le lieu de distribution des repas, et qui pourrait dans l’urgence être équipé comme pourrait l’être un camp de réfugié – accès à l’eau, toilettes, douches, repas ou possibilité de cuisiner, ramassage des déchets – on n’espérait pas de l’État qu’il aille au-delà du minimum vital).

Au lieu de ça on a eu le vide, assorti d’un vague chiffon agité pour faire diversion.

Le préfet a répété que les exilés devaient quitter le lieu de distribution des repas. À la question "pour aller ou ?" il ne donne pas de réponse.Après avoir invité les exilés à squatter, il leur propose de disparaitre.

Au passage, il annonce que l’accueil des femmes exilées qui avait été mis en place jusqu’au 30 juin serait prolongé jusqu’en octobre dans un autre lieu – seule bonne nouvelle de la journée. Le squat ouvert par No Border avenue Victor Hugo avait été repris par une association d’insertion, Solid’R, plutôt qu’expulsé. Il accueille aujourd’hui plus de 60 femmes et enfants dans une maison qui serait normalement habitée par un couple avec enfants. Un déménagement s’impose donc. Mais cet accueil reste précaire, il n’y a pas de visibilité au-delà du mois d’octobre.

Par contre, interrogé sur les trois squats qui accueillent des exilés rue de Vic, rue Auber et rue Massena (presque une centaine d’habitants en tout), pour lesquels un jugement d’expulsion a été rendu, le préfet déclare qu’ils peuvent être évacués à tout moment.

Interpelé sur les violences policières (voir ici et ), à propos desquelles un document lui est remis, le préfet répond qu’il s’agit de "fantasmes".

Vide et absence de dialogue, donc.

Et un chiffon pour faire diversion : les personnes qui choisiront de demander l’asile en France se verront faciliter l’accès à la procédure et à un hébergement.

Début d’après-midi au lieu de distribution des repas, les informations sur la réunion du matin circulent de groupe en groupe, une réunion plénière s’esquisse mais se dissout dans les discussions en groupe. Invités par les exilés, les médias arrivent vers 15h, les interview se croisent.

Vers 17h arrivent le sous-préfet et le directeur départemental de la cohésion sociale, qui réexpliquent aux exilés les décisions de l’État, et présentent comme "la main tendue de la France" la possibilité de demander l’asile, alors qu’il s’agit du simple respect de la loi et des conventions internationales. Ils détaillent : enregistrement immédiat de la demande (il faut actuellement passer deux mois à la rue à Calais, six mois à Paris, pour obtenir un rendez-vous à la préfecture pour déposer sa demande d’asile, en violation de la législation européenne); hébergement (ce qui est le strict respect de la législation française européenne); traitement de la demande en trois mois, ce qui est mieux que les délais actuels, à condition que la réduction de la durée ne signifie pas traitement par dessus la jambe. Discussion avec des exilés, pas de réponse à leurs objections.

Vers 19h arrive l’invité surprise de la journée, le directeur général de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), qui décrit à nouveau le dispositif d’accueil des demandeurs d’asile qui doit être mis en place.

Question : quel accompagnement pour ces demandeurs d’asile qui vont être hébergés aux quatre coins de la France, généralement dans des foyers d’hébergement d’urgence peu préparés pour ça, qu’il s’agisse de la rédaction en français de leur récit de vie et de la préparation de leur entretien – décisif – avec l’OFPRA, ou des démarches administratives pour accéder à leurs droits en tant que demandeurs d’asile ? Pas de réponse.

Question : qu’en est-il des demandeurs d’asile qui pourraient être renvoyés vers un autre pays européen en vertu du règlement Dublin III, une part importe des personnes présentes dont les empreintes digitales ont été prises à leur entrée dans l’Union européenne ? Pas de réponse.

Fin de la comédie. Le directeur général de l’OFPRA part en laissant des questions vitales sans réponse. Le tout laissant une impression de bricolage, comme le prétendu traitement de la gale et l’hébergement de mineurs pendant cinq jours dans la campagne béthunoise.

 

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11 juin 2014

Lutte à Calais

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/11/exiles-de-calais-la-greve-de-la-faim-a-commence/


" DES EXILÉS DE CALAIS

AUX AUTORITÉS FRANÇAISES ET BRITANNIQUES

Suite à la destruction de nos campements et à notre occupation du lieu de distribution des repas, les autorités françaises sont venues deux fois nous rencontrer. Elles nous ont annoncé qu’elles viendraient nous rencontrer à nouveau le mardi 3 juin. Personne n’est venu, et nous sommes sans nouvelles.

Aujourd’hui mercredi 11 juin, une partie d’entre nous, soutenue par tous, commence une grève de la faim. Nous demandons aux autorités françaises et britanniques de reprendre le dialogue interrompu et de venir nous rencontrer sans délais.

Nous leur rappelons nos revendications :
- Des maisons à Calais pour tous les migrants qui souhaitent se rendre en Angleterre et les demandeurs d’asile forcés de vivre à la rue ;
- Des maisons avec des conditions d’hygiènes respectables : toilettes, douches, service de poubelle ;
- Des maisons où l’on peut aller et venir à n’importe quelle heure pour pouvoir continuer d’essayer de passer en Angleterre ;
- Des maisons à l’abri des contrôles policiers, de ses mauvais traitements et des expulsions
- Avoir accès à trois repas par jour ;
- Que des négociations soient ouvertes entre la France et le Royaume-uni pour que les personnes aient accès au territoire britannique.

 


 

Pentax Digital CameraBanderoles sur les grilles du lieu de distribution des repas.

 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/11/exiles-de-calais-la-greve-de-la-faim-a-commence/



Comme convenu, les exilés occupant le lieu de distribution des repas ont pris ensemble le petit déjeuner ce matin. Ils ont formé deux groupes, ceux qui vont continuer à manger et ceux qui vont jeûner. Ces derniers ont eu droit à un petit déjeuner amélioré. Ils se sont assis au milieu de la cour. Hier ils avaient dressé une liste de 53 personnes prêtes à s’impliquer. En fin de matinée ils étaient une grosse trentaine, mais attendaient que ceux qui ont essayé de passer cette nuit – ils ne pourront plus le faire pendant la durée du jeûne – les rejoignent. On devrait savoir plus dans l’après-midi combien sont en grève de la faim.

Leur porte-parole peut être joint au 07 53 93 21 53 (il parle anglais).


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18 avril 2014

ROMS

D'après un rapport de l'organisation Amnesty International, la violence contre les Roms a augmenté nettement en Europe. Dans des pays comme la Grèce ou la République tchèque, les exactions sont le fait de groupes d'extrême droite avec la complicité de la police. Le rapport pointe aussi du doigt la France et le harcèlement policier organisé par l'État.

Comme l'ont été les populations juives pendant la crise économique des années trente, les Roms sont aujourd'hui les cibles faciles visées par les groupes d'extrême droite qui se développent, d'abord dans les pays d'Europe les plus touchés par la crise économique.

En Grèce, un parti comme Aube dorée organise une propagande et des actions contre les travailleurs immigrés en général et les Roms en particulier. Le rapport d'Amnesty international ajoute que, lors de ses interventions, la police interpelle plus souvent les victimes que les criminels et que « les policiers eux-mêmes se rendent coupables de crimes inspirés par la haine ».

En République tchèque, le rapport note qu'« en 2013, des groupes tchèques d'extrême droite ont organisé une série de manifestations contre les Roms dans plusieurs dizaines de villes » avec un « déferlement d'injures racistes et de tactiques d'intimidation ».

Enfin, Amnesty International dénonce l'attitude de la police française. Selon elle, la plupart des 20 000 Roms vivant en France sont constamment menacés d'expulsion et victimes de harcèlement policier. Et elle rappelle à juste titre les déclarations odieuses en septembre 2013 du ministre de l'Intérieur de l'époque, Manuel Valls, à propos des Roms, selon lequel « ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres » et ont « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ».

La crise n'a pas encore en France la profondeur qu'elle a en Grèce ou dans d'autres pays. Mais si elle s'aggrave et s'il n'y a pas une riposte consciente de la classe ouvrière, il est possible que des groupes d'extrême droite s'enhardissent, en commençant par se faire la main contre les plus pauvres et les plus fragiles comme les Roms. Et cela, d'autant plus qu'ils pourront miser, comme en Grèce ou en République tchèque, sur l'indulgence voire la complicité de la police. Et ces bandes d'extrême droite pourront aussi, en cas de besoin, faire le coup de poing contre les organisations ouvrières ou les travailleurs en grève.

La propagande actuelle contre les Roms, déversée par des politiciens de droite bon chic bon genre mais aussi par des politiciens prétendument de gauche comme Manuel ­Valls, est crapuleuse. Ces responsables politiques, en voulant flatter les préjugés les plus réactionnaires, préparent les esprits à accepter la violence raciste et préparent le terrain à l'extrême droite.

Lutte Ouvrière n°2384 du 11 avril 2014, http://www.lutte-ouvriere.org/

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09 février 2014

Communiqué du MRAP



Les barrières de l'innommable franchies en plein Paris

Depuis quelques années, des familles migrantes de Roumanie la plupart du
temps de culture rom, viennent  à Paris et s'installent pour dormir là où
elles le peuvent, sur des trottoirs ou dans des cabines téléphoniques,  dans
le quartier de la Bastille ou place de la République  Cette situation est
bien connue des services de la Mairie de Paris.

Ces couples sont souvent accompagnés de très jeunes enfants, voire de bébés,
Carine Fouteau de Médiapart a fait un excellent reportage l’année dernière
sur ces familles dont certaines viennent en France pour faire soigner leurs
enfants.

En plus du froid, de la pluie supportés par ces hommes, ces femmes, ces
vieillards et ces petits enfants sont soumis aux  quolibets des passants, et
pis encore à leur violence dont la barbarie, dans le cas des jets d'acide
révélé  par la même journaliste dans Médiapart le  5 février,   laisse sans
voix.

Le 16 janvier, mais également  à de nombreuses autres reprises, un individu
menaçant a attaqué ces familles par projection d'acide, détruisant  leurs
affaires et blessant certains d'entre eux. En août, une femme avait été
gravement blessée. 

Ce harcèlement, l'indifférence et la passivité de la police, ne sont pas
tolérables. Mais les conditions de vie de ces personnes, qui les laissent à
la merci de leurs agresseurs, ne le sont pas non plus. Cette situation est
indigne  d'une ville comme Paris, berceau des Droits de l'Homme, et qui
possède  de multiples moyens pour  abriter et accompagner un petit nombre de
familles dans une grande détresse et dans un immense dénuement, soumises
nuit et jour au mépris et à l'indifférence du plus grand nombre. 


Le MRAP demande solennellement au  Maire de Paris de prendre des mesures de
protection de ces familles et d'entreprendre, avec humanité et de toute
urgence, la recherche d'une solution au problème de leur hébergement.


En outre le Mrap exige que la police assure la sécurité  des personnes et
qu'il soit procédé  à l'arrestation et au jugement de l'individu mis en
cause.

Paris, le 6 février 2014



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12 janvier 2014

Pour que 2014 ne soit pas la suite de dix années de Sarkozysme (RESF)

 

 

Le CRSP28 reprend à son compte le communiqué de RESF, vous souhaite une bonne année et rappelle que nous avons besoin de monde pour faire exister notre collectif. 

En novembre, Manuel Valls avait donné aux préfets la consigne orale de suspendre les expulsions d’enfants scolarisés : c’était la  suite de l’émotion et des manifestations lycéennes provoquées par l’expulsion d’un lycéen, Katchik, l’arrestation en pleine sortie scolaire de Léonarda puis l’expulsion de toute la famille par avion spécial. Mais, chassez le naturel, il revient au galop : à l’approche des fêtes, il leur demandait de « mener à bien (!!) tous les éloignements de familles avec enfants scolarisés ou de jeunes majeurs ». Profitant des vacances de Noël, le préfet de la Creuse, un certain Christian Choquet, a donc fait arrêter le 30 décembre à 6 heures du matin une famille arménienne avec trois enfants scolarisés, dont un petit handicapé. La classe ! Ils ont été sur le champ expulsés en Russie.

De tels faits, que la gauche considérait comme intolérables sous Sarkozy, le sont tout autant sous Hollande. Ils accréditent, une fois de plus, le constat qu’en matière d’immigration, ce gouvernement mène une politique qui, ne présente aucune rupture majeure avec celle de la droite qui l’a précédé.

Du Sarkozy aménagé à la marge

Le gouvernement ne veut pas prendre de décisions claires sur l'immigration, il laisse Manuel Valls proférer des propos racistes sur les Roms sans que le chef de l’Etat ou celui du gouvernement les condamnent.

Le gouvernement se targue d’avoir abrogé la circulaire Guéant interdisant aux étudiants étrangers diplômés de travailler, d’avoir réduit le nombre d’enfants placés en rétention… sans toutefois en interdire le principe contrairement aux engagements du candidat Hollande, d’avoir augmenté de 10% le nombre des naturalisations… qui avait diminué de 40% sous Sarkozy ..

Le ministre affiche 16 000 régularisations de plus, pour l’essentiel, des parents d’enfants scolarisés. Mais la circulaire Valls du 28 novembre 2012 n’a ouvert pour la majorité des travailleurs sans papiers et des jeunes scolarisés, presque aucune possibilité d’obtenir un titre de séjour, ni maintenant, ni jamais.

Rien n’indique de la part de François Hollande une volonté de réformer en profondeur le code du séjour des étrangers et des demandeurs d’asile (CESEDA) pour permettre de régulariser ceux qui vivent parmi nous, diminuer la précarité des titres de séjour, améliorer l’accès aux droits, élargir le droit d’asile, garantir les possibilités de recours… Des réformes qui risquent de passer aux oubliettes comme le droit de vote des étrangers aux élections locales ou la délivrance d’un récépissé lors des contrôles d’identité.

Il ne s’agit pas que de chiffres. En l’absence de tout discours et projet novateur sur l’immigration,  la gauche au pouvoir aboutit à ancrer dans l’opinion l’idée qu’il n’y a qu’une politique possible : celle mise en place par Sarkozy et Guéant, poursuivie par Hollande et Valls. Si les mots peuvent changer, si des aménagements à la marge se font, le cœur de la politique du pays, les procédures, les objectifs, demeurent, que le gouvernement soit de droite ou de gauche.

Manuel Valls injurie l’avenir.

La faute politique  de ce gouvernement va en outre bien au-delà des drames qu’il inflige et des désillusions qu’il occasionne :
- Il fait le choix du repli sur soi, de la méfiance vis-à-vis de l’autre, dans un monde qui exigerait ouverture et promotion des droits, circulation des hommes et des idées.

- il offre par avance une justification imparable à toutes les mesures, y compris les pires, que prendra la droite revenue au pouvoir. Des années durant, les politiciens de droite ont utilisé, en la tronquant, la fameuse phrase de Michel Rocard « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde « .  Ceux de demain ne manqueront pas de ressasser « Comme le disait très justement Manuel Valls, les Roms ne sont pas intégrables » ou « comme l’affirmait à juste titre Manuel Valls, le regroupement familial n’est pas un tabou », etc.

C’est dire combien il est urgent et important que se produise la rupture souhaitée par nombre de ceux qui ont voté François Hollande avec la politique de Sarkozy.

Communiqué de presse de RESF

 

 

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18 décembre 2013

Appel Solennel


Pour la liberté de circulation - MIGREUROP

http://www.migreurop.org/article2395.html

Ce 18 décembre 2013, dans le cadre de la journée d’action globale pour les droits des migrant.e.s., le réseau euro-africain Migreurop lance un Appel solennel en faveur de la libre circulation des personnes . Recensant les entraves instaurées par les politiques migratoires à la mobilité humaine (politiques discriminatoires de visas, interceptions maritimes, murs, accords politiques pour la réadmission des étranger.e.s en situation irrégulière...), Migreurop rappelle leurs conséquences dramatiques sur le plan du respect des droits humains (détention prolongée, violation du droit d’asile, mortalité migratoire...). Au regard de ces constats, et au nom du principe d’égalité - car la liberté de circulation existe de fait pour une partie des citoyens du monde pouvant franchir aisément les frontières par le hasard du lieu de naissance, - Migreurop exige un changement radical dans les politiques migratoires afin de rendre possible la liberté d’aller, de venir et de s’installer pour toutes et tous, liberté qui constitue l’indispensable corollaire de la défense des droits des migrant.e.s. 

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17 novembre 2013

Lampedusa

par Pauline Imbach

 

8 novembre 2013

Quand la dette assassine les économies. Quand l’aide publique se mue en outil colonial. Quand le FMI règne. Quand Areva profite. Quand Monsanto stérilise. Quand Total exploite. Quand le président obéit aux intérêts privés (les siens comme ceux de ses amis). Quand la faim ne quitte plus les corps. Quand la pauvreté est la norme. Quand la survie est impossible. Quand la police cogne. Quand l’armée attaque. Quand les femmes n’ont pas de droits. Quand Frontex assassine. Quand les enfants travaillent. Quand la terre est privatisée et polluée. Quand la dictature dicte. Quand la solidarité internationale est une fable. Quand le changement climatique assèche. Quand l’eau potable est inaccessible. Quand on meurt à 36 ans. Quand on n’a pas de travail. Quand on n’a pas de droits. Quand on est persécuté. Quand on vit dans un pays devenu zone franche. Quand on est prisonnier. Quand on a peur.

On migre.

Le CADTM aurait pu faire un énième communiqué de presse pour rappeler sa révolte profonde contre les crimes qui consistent à pousser des milliers d’individus dans des embarquements de fortune pour rejoindre un horizon d’espoir. Le crime d’un système capitaliste qui opprime, affame, réprime, enferme, condamne la très grande majorité de la population. Comme la misère est mise en concurrence, il y a des endroits où elle semble meilleure ou tout simplement sur-vivable.
On aurait pu ré-analyser les causes des migrations, faire une critique d’un système meurtrier sous l’angle « dette et migration » |1|. Expliquer d’où vient l’inexplicable. Comprendre ce que l’on sait déjà.

Être loin du vomi médiatique des grands médias et des politiciens de tout bord, qui à chaque nouveau drame commentent le bilan, comptent les corps, sortent les chiffres.
Loin des responsables qui font semblant de découvrir l’horreur pour la première fois en se gargarisant d’un fatalisme qui renvoie le naufrage dans le seul champ du phénomène naturel. Inévitable. Tristement banal.
Loin des agitations politiciennes qui consistent à faire croire que la mise en place de nouvelles mesures, identiques aux précédentes, vont remettre l’humanité en selle.

Bateaux à Lampedusa

Il y a des frontières, des murs, des barbelés, des mers, des océans. Il y a des passeurs, des barques, des bateaux, des soutes. Il y a Frontex et son armée. Il y a des politiques migratoires et des politiciens pillards. Il y a des papiers et des sans-papiers. Il y a des guerres et des réfugiés. Il y a des centres fermés et des expulsions. Il y a des injustices, des crimes, des morts.

Il n’y a pas de mot.

Il y a l’extrême droite qui monte, au point qu’en Grèce des citoyens étrangers sont obligés de fuir leur pays d’adoption pour échapper à Aube Dorée.
Il y a des Roms qu’on persécute aux quatre coins de l’Europe.
Il y a les Afghans à qui on refuse le statut de réfugié.
Il y a tous les autres.

Il y a notre silence quotidien.
Il y a la rage et la colère.

Il y a des responsables.

Il y a des luttes.

 

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07 novembre 2013

SOIREE DEBAT

AUTOMNE 2013 OU EN SOMMES NOUS AVEC LES MIGRATIONS

Avec VIOLAINE CARRERE  du GISTI

A 20h Salon Marceau - Hotel de Ville de Chartres

Mercredi 13 Novembre

 

Venez nombreux

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Bourse du travail de Lille: «Les Roms ne sont pas des escargots!»

 
Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 06/11/2013 - Mis à jour le 06/11/2013 à 19:38
Par PATRICK SEGHI ET PIB (PHOTOS)
Comme le temps passe vite. Déjà deux naissances et bientôt une troisième à la bourse du travail où 120 Roms ont trouvé refuge, accueillis par les syndicalistes sur le principe de la « fraternité »… Véritable fer de lance de la manifestation annoncée ce jeudi.
Neuf jours, emmitouflé dans une couverture verte et la bouille toute rouge. Alex est le dernier venu d’une communauté dont l’horizon est aussi sombre qu’un mercredi pluvieux. « On vit au jour le jour. Dans une extrême précarité. Nous nous organisons pour les repas, les enfants… Ce soir, ce sera tajine pour 150 personnes. »
« Situation indigne »
Vladimir Nieddu (Sarde et non Roumain pour évacuer la question) fait partie de ces syndicalistes qui ont ouvert les portes de la bourse du travail à ces 120 Roms dont 50 enfants expulsés le 28 octobre dernier du campus de Lille I. Une première dont il se serait passé. « Cette situation est indigne. Nous voulons promouvoir la fraternité entre les peuples, l’égalité des droits et devoirs selon les principes fondamentaux européens… Cette question est ici bafouée chaque jour. » Les yeux cernés par la fatigue, Vladimir prend conscience de l’ampleur du défi et des forces contraires qui peuvent le porter. « Il n’y a pas de point de rupture entre notre action syndicale et notre action humanitaire. Nous accueillons volontairement cette population dans nos locaux. Il n’y aura pas de coup de force. Faire investir une bourse du travail par les forces de l’ordre contre l’avis des syndicats aurait des conséquences inimaginables… »
Bâillement
Un véritable casus belli. Deux lavabos inondés, du linge qui pend, des repas distribués à la chaîne, des matelas qui s’empilent renvoient à un état de siège. « C’est toujours mieux que d’être dehors sous la pluie », glisse une occupante. Revenant sur les dernières propositions de la préfecture, le syndicaliste ébauche un sourire. « Leur rendre gratuitement leurs caravanes ? Ils n’ont pas de terrain où les installer. Les Roms ne sont pas des escargots ! Ce n’est pas sérieux. Ils resteront là, alors autant résoudre le problème rapidement. » Du mouvement, il y en aura, assure Vladimir Nieddu. « Cela bougera dans les prochains jours. Nous envisageons une action régionale et nationale. Plutôt que le préfet nous visons Matignon ou l’Élysée. » Otages d’une situation politique qui les dépasse, instrumentalisés dans le cadre d’une lutte interne au Parti socialiste, pris en tenaille à l’approche d’échéances électorales tendues ? « Sans doute. »
Dans les couloirs, de nombreux enfants, loin du cynisme ambiant, font l’école buissonnière. « Des problèmes administratifs empêchent leur scolarisation. » Ilham, étudiante de Lille III, leur donne « un coup de main ». « Lors des premiers repas, c’était la panique, là les Roms s’impliquent. Leur situation est juste dramatique. Si cela se passait pour n’importe quelle autre population il y aurait un tollé général. ». Alex se fend d’un bâillement.
Lycéens, étudiants, syndicalistes, associatifs, employés de La Redoute… feront entendre leurs voix ce jeudi à partir de 11 h. Départ du cortège de la gare Lille-Flandres. Au menu des revendications : l’expulsion de lycéens sans papiers, la situation des Roms, l’emploi…
http://www.lavoixdunord.fr/region/bourse-du-travail-de-lille-les-roms-ne-sont-pas-des-ia19b0n1676258
La tension monte au sujet des Roms
Créé le 06/11/2013 à 06h46 -- Mis à jour le 06/11/2013 à 10h41
POLITIQUE - Les organisations syndicales manifestent et Martine Aubry hausse le ton...
Ils étaient deux cents à manifester, mardi, à Lille, contre les expulsions et pour soutenir les Roms installés depuis une semaine à la Bourse du Travail de Fives après l'évacuation de leur camp à Villeneuve-d'Ascq. La veille, la présidente de Lille Métropole, Martine Aubry, lors d'un point presse, avait pris part au débat en critiquant vivement l'Etat qui «doit trouver des terrains» et ceux qui «manipulent ces populations» à des fins politiques.
« Repartir dans leur pays »
Elle a aussi évoqué la situation des Roms en des termes plus fermes que d'habitude. «S'ils sont condamnés, ils doivent repartir dans leur pays», a-t-elle glissé. La présidente de Lille Métropole s'appuie sur une directive européenne concernant le droit séjour. Ce dernier peut, en effet, être limité si le comportement de la personne représente «une menace réelle pour un intérêt fondamental de la société». Pour Antoine Berthe, avocat spécialisé dans le droit des étrangers, «toute condamnation ne déclenche pas automatiquement l'interdiction du territoire français, heureusement». «Voilà quatre ans que Martine Aubry change de discours sur les Roms», estime le maire (DVG) de Villeneuve-d'Ascq, Gérard Caudron. Ce dernier regrette toujours le manque de précisions des textes sur «les mesures à prendre en cas de troubles à l'ordre public».
Chez les Verts, Malik Ifri, conseiller à LMCU, chargé des gens du voyage, accepte ce discours mêlant «humanité et fermeté», mais, selon lui, «il faut d'abord être accueillant avant d'être ferme». «Hélas, les personnalités politiques méconnaissent ce qui se passe sur le terrain», dénonce un porte-parole de l'intersyndicale qui organise l'hébergement des Roms à la Bourse du Travail.
(Retrouvez 20 Minutes Lille sur Facebook)
Gilles Durand
 

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