Collectif 28 pour la régularisation des "sans papiers"

09 février 2014

Communiqué du MRAP



Les barrières de l'innommable franchies en plein Paris

Depuis quelques années, des familles migrantes de Roumanie la plupart du
temps de culture rom, viennent  à Paris et s'installent pour dormir là où
elles le peuvent, sur des trottoirs ou dans des cabines téléphoniques,  dans
le quartier de la Bastille ou place de la République  Cette situation est
bien connue des services de la Mairie de Paris.

Ces couples sont souvent accompagnés de très jeunes enfants, voire de bébés,
Carine Fouteau de Médiapart a fait un excellent reportage l’année dernière
sur ces familles dont certaines viennent en France pour faire soigner leurs
enfants.

En plus du froid, de la pluie supportés par ces hommes, ces femmes, ces
vieillards et ces petits enfants sont soumis aux  quolibets des passants, et
pis encore à leur violence dont la barbarie, dans le cas des jets d'acide
révélé  par la même journaliste dans Médiapart le  5 février,   laisse sans
voix.

Le 16 janvier, mais également  à de nombreuses autres reprises, un individu
menaçant a attaqué ces familles par projection d'acide, détruisant  leurs
affaires et blessant certains d'entre eux. En août, une femme avait été
gravement blessée. 

Ce harcèlement, l'indifférence et la passivité de la police, ne sont pas
tolérables. Mais les conditions de vie de ces personnes, qui les laissent à
la merci de leurs agresseurs, ne le sont pas non plus. Cette situation est
indigne  d'une ville comme Paris, berceau des Droits de l'Homme, et qui
possède  de multiples moyens pour  abriter et accompagner un petit nombre de
familles dans une grande détresse et dans un immense dénuement, soumises
nuit et jour au mépris et à l'indifférence du plus grand nombre. 


Le MRAP demande solennellement au  Maire de Paris de prendre des mesures de
protection de ces familles et d'entreprendre, avec humanité et de toute
urgence, la recherche d'une solution au problème de leur hébergement.


En outre le Mrap exige que la police assure la sécurité  des personnes et
qu'il soit procédé  à l'arrestation et au jugement de l'individu mis en
cause.

Paris, le 6 février 2014



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12 janvier 2014

Pour que 2014 ne soit pas la suite de dix années de Sarkozysme (RESF)

 

 

Le CRSP28 reprend à son compte le communiqué de RESF, vous souhaite une bonne année et rappelle que nous avons besoin de monde pour faire exister notre collectif. 

En novembre, Manuel Valls avait donné aux préfets la consigne orale de suspendre les expulsions d’enfants scolarisés : c’était la  suite de l’émotion et des manifestations lycéennes provoquées par l’expulsion d’un lycéen, Katchik, l’arrestation en pleine sortie scolaire de Léonarda puis l’expulsion de toute la famille par avion spécial. Mais, chassez le naturel, il revient au galop : à l’approche des fêtes, il leur demandait de « mener à bien (!!) tous les éloignements de familles avec enfants scolarisés ou de jeunes majeurs ». Profitant des vacances de Noël, le préfet de la Creuse, un certain Christian Choquet, a donc fait arrêter le 30 décembre à 6 heures du matin une famille arménienne avec trois enfants scolarisés, dont un petit handicapé. La classe ! Ils ont été sur le champ expulsés en Russie.

De tels faits, que la gauche considérait comme intolérables sous Sarkozy, le sont tout autant sous Hollande. Ils accréditent, une fois de plus, le constat qu’en matière d’immigration, ce gouvernement mène une politique qui, ne présente aucune rupture majeure avec celle de la droite qui l’a précédé.

Du Sarkozy aménagé à la marge

Le gouvernement ne veut pas prendre de décisions claires sur l'immigration, il laisse Manuel Valls proférer des propos racistes sur les Roms sans que le chef de l’Etat ou celui du gouvernement les condamnent.

Le gouvernement se targue d’avoir abrogé la circulaire Guéant interdisant aux étudiants étrangers diplômés de travailler, d’avoir réduit le nombre d’enfants placés en rétention… sans toutefois en interdire le principe contrairement aux engagements du candidat Hollande, d’avoir augmenté de 10% le nombre des naturalisations… qui avait diminué de 40% sous Sarkozy ..

Le ministre affiche 16 000 régularisations de plus, pour l’essentiel, des parents d’enfants scolarisés. Mais la circulaire Valls du 28 novembre 2012 n’a ouvert pour la majorité des travailleurs sans papiers et des jeunes scolarisés, presque aucune possibilité d’obtenir un titre de séjour, ni maintenant, ni jamais.

Rien n’indique de la part de François Hollande une volonté de réformer en profondeur le code du séjour des étrangers et des demandeurs d’asile (CESEDA) pour permettre de régulariser ceux qui vivent parmi nous, diminuer la précarité des titres de séjour, améliorer l’accès aux droits, élargir le droit d’asile, garantir les possibilités de recours… Des réformes qui risquent de passer aux oubliettes comme le droit de vote des étrangers aux élections locales ou la délivrance d’un récépissé lors des contrôles d’identité.

Il ne s’agit pas que de chiffres. En l’absence de tout discours et projet novateur sur l’immigration,  la gauche au pouvoir aboutit à ancrer dans l’opinion l’idée qu’il n’y a qu’une politique possible : celle mise en place par Sarkozy et Guéant, poursuivie par Hollande et Valls. Si les mots peuvent changer, si des aménagements à la marge se font, le cœur de la politique du pays, les procédures, les objectifs, demeurent, que le gouvernement soit de droite ou de gauche.

Manuel Valls injurie l’avenir.

La faute politique  de ce gouvernement va en outre bien au-delà des drames qu’il inflige et des désillusions qu’il occasionne :
- Il fait le choix du repli sur soi, de la méfiance vis-à-vis de l’autre, dans un monde qui exigerait ouverture et promotion des droits, circulation des hommes et des idées.

- il offre par avance une justification imparable à toutes les mesures, y compris les pires, que prendra la droite revenue au pouvoir. Des années durant, les politiciens de droite ont utilisé, en la tronquant, la fameuse phrase de Michel Rocard « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde « .  Ceux de demain ne manqueront pas de ressasser « Comme le disait très justement Manuel Valls, les Roms ne sont pas intégrables » ou « comme l’affirmait à juste titre Manuel Valls, le regroupement familial n’est pas un tabou », etc.

C’est dire combien il est urgent et important que se produise la rupture souhaitée par nombre de ceux qui ont voté François Hollande avec la politique de Sarkozy.

Communiqué de presse de RESF

 

 

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18 décembre 2013

Appel Solennel


Pour la liberté de circulation - MIGREUROP

http://www.migreurop.org/article2395.html

Ce 18 décembre 2013, dans le cadre de la journée d’action globale pour les droits des migrant.e.s., le réseau euro-africain Migreurop lance un Appel solennel en faveur de la libre circulation des personnes . Recensant les entraves instaurées par les politiques migratoires à la mobilité humaine (politiques discriminatoires de visas, interceptions maritimes, murs, accords politiques pour la réadmission des étranger.e.s en situation irrégulière...), Migreurop rappelle leurs conséquences dramatiques sur le plan du respect des droits humains (détention prolongée, violation du droit d’asile, mortalité migratoire...). Au regard de ces constats, et au nom du principe d’égalité - car la liberté de circulation existe de fait pour une partie des citoyens du monde pouvant franchir aisément les frontières par le hasard du lieu de naissance, - Migreurop exige un changement radical dans les politiques migratoires afin de rendre possible la liberté d’aller, de venir et de s’installer pour toutes et tous, liberté qui constitue l’indispensable corollaire de la défense des droits des migrant.e.s. 

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17 novembre 2013

Lampedusa

par Pauline Imbach

 

8 novembre 2013

Quand la dette assassine les économies. Quand l’aide publique se mue en outil colonial. Quand le FMI règne. Quand Areva profite. Quand Monsanto stérilise. Quand Total exploite. Quand le président obéit aux intérêts privés (les siens comme ceux de ses amis). Quand la faim ne quitte plus les corps. Quand la pauvreté est la norme. Quand la survie est impossible. Quand la police cogne. Quand l’armée attaque. Quand les femmes n’ont pas de droits. Quand Frontex assassine. Quand les enfants travaillent. Quand la terre est privatisée et polluée. Quand la dictature dicte. Quand la solidarité internationale est une fable. Quand le changement climatique assèche. Quand l’eau potable est inaccessible. Quand on meurt à 36 ans. Quand on n’a pas de travail. Quand on n’a pas de droits. Quand on est persécuté. Quand on vit dans un pays devenu zone franche. Quand on est prisonnier. Quand on a peur.

On migre.

Le CADTM aurait pu faire un énième communiqué de presse pour rappeler sa révolte profonde contre les crimes qui consistent à pousser des milliers d’individus dans des embarquements de fortune pour rejoindre un horizon d’espoir. Le crime d’un système capitaliste qui opprime, affame, réprime, enferme, condamne la très grande majorité de la population. Comme la misère est mise en concurrence, il y a des endroits où elle semble meilleure ou tout simplement sur-vivable.
On aurait pu ré-analyser les causes des migrations, faire une critique d’un système meurtrier sous l’angle « dette et migration » |1|. Expliquer d’où vient l’inexplicable. Comprendre ce que l’on sait déjà.

Être loin du vomi médiatique des grands médias et des politiciens de tout bord, qui à chaque nouveau drame commentent le bilan, comptent les corps, sortent les chiffres.
Loin des responsables qui font semblant de découvrir l’horreur pour la première fois en se gargarisant d’un fatalisme qui renvoie le naufrage dans le seul champ du phénomène naturel. Inévitable. Tristement banal.
Loin des agitations politiciennes qui consistent à faire croire que la mise en place de nouvelles mesures, identiques aux précédentes, vont remettre l’humanité en selle.

Bateaux à Lampedusa

Il y a des frontières, des murs, des barbelés, des mers, des océans. Il y a des passeurs, des barques, des bateaux, des soutes. Il y a Frontex et son armée. Il y a des politiques migratoires et des politiciens pillards. Il y a des papiers et des sans-papiers. Il y a des guerres et des réfugiés. Il y a des centres fermés et des expulsions. Il y a des injustices, des crimes, des morts.

Il n’y a pas de mot.

Il y a l’extrême droite qui monte, au point qu’en Grèce des citoyens étrangers sont obligés de fuir leur pays d’adoption pour échapper à Aube Dorée.
Il y a des Roms qu’on persécute aux quatre coins de l’Europe.
Il y a les Afghans à qui on refuse le statut de réfugié.
Il y a tous les autres.

Il y a notre silence quotidien.
Il y a la rage et la colère.

Il y a des responsables.

Il y a des luttes.

 

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07 novembre 2013

SOIREE DEBAT

AUTOMNE 2013 OU EN SOMMES NOUS AVEC LES MIGRATIONS

Avec VIOLAINE CARRERE  du GISTI

A 20h Salon Marceau - Hotel de Ville de Chartres

Mercredi 13 Novembre

 

Venez nombreux

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Bourse du travail de Lille: «Les Roms ne sont pas des escargots!»

 
Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 06/11/2013 - Mis à jour le 06/11/2013 à 19:38
Par PATRICK SEGHI ET PIB (PHOTOS)
Comme le temps passe vite. Déjà deux naissances et bientôt une troisième à la bourse du travail où 120 Roms ont trouvé refuge, accueillis par les syndicalistes sur le principe de la « fraternité »… Véritable fer de lance de la manifestation annoncée ce jeudi.
Neuf jours, emmitouflé dans une couverture verte et la bouille toute rouge. Alex est le dernier venu d’une communauté dont l’horizon est aussi sombre qu’un mercredi pluvieux. « On vit au jour le jour. Dans une extrême précarité. Nous nous organisons pour les repas, les enfants… Ce soir, ce sera tajine pour 150 personnes. »
« Situation indigne »
Vladimir Nieddu (Sarde et non Roumain pour évacuer la question) fait partie de ces syndicalistes qui ont ouvert les portes de la bourse du travail à ces 120 Roms dont 50 enfants expulsés le 28 octobre dernier du campus de Lille I. Une première dont il se serait passé. « Cette situation est indigne. Nous voulons promouvoir la fraternité entre les peuples, l’égalité des droits et devoirs selon les principes fondamentaux européens… Cette question est ici bafouée chaque jour. » Les yeux cernés par la fatigue, Vladimir prend conscience de l’ampleur du défi et des forces contraires qui peuvent le porter. « Il n’y a pas de point de rupture entre notre action syndicale et notre action humanitaire. Nous accueillons volontairement cette population dans nos locaux. Il n’y aura pas de coup de force. Faire investir une bourse du travail par les forces de l’ordre contre l’avis des syndicats aurait des conséquences inimaginables… »
Bâillement
Un véritable casus belli. Deux lavabos inondés, du linge qui pend, des repas distribués à la chaîne, des matelas qui s’empilent renvoient à un état de siège. « C’est toujours mieux que d’être dehors sous la pluie », glisse une occupante. Revenant sur les dernières propositions de la préfecture, le syndicaliste ébauche un sourire. « Leur rendre gratuitement leurs caravanes ? Ils n’ont pas de terrain où les installer. Les Roms ne sont pas des escargots ! Ce n’est pas sérieux. Ils resteront là, alors autant résoudre le problème rapidement. » Du mouvement, il y en aura, assure Vladimir Nieddu. « Cela bougera dans les prochains jours. Nous envisageons une action régionale et nationale. Plutôt que le préfet nous visons Matignon ou l’Élysée. » Otages d’une situation politique qui les dépasse, instrumentalisés dans le cadre d’une lutte interne au Parti socialiste, pris en tenaille à l’approche d’échéances électorales tendues ? « Sans doute. »
Dans les couloirs, de nombreux enfants, loin du cynisme ambiant, font l’école buissonnière. « Des problèmes administratifs empêchent leur scolarisation. » Ilham, étudiante de Lille III, leur donne « un coup de main ». « Lors des premiers repas, c’était la panique, là les Roms s’impliquent. Leur situation est juste dramatique. Si cela se passait pour n’importe quelle autre population il y aurait un tollé général. ». Alex se fend d’un bâillement.
Lycéens, étudiants, syndicalistes, associatifs, employés de La Redoute… feront entendre leurs voix ce jeudi à partir de 11 h. Départ du cortège de la gare Lille-Flandres. Au menu des revendications : l’expulsion de lycéens sans papiers, la situation des Roms, l’emploi…
http://www.lavoixdunord.fr/region/bourse-du-travail-de-lille-les-roms-ne-sont-pas-des-ia19b0n1676258
La tension monte au sujet des Roms
Créé le 06/11/2013 à 06h46 -- Mis à jour le 06/11/2013 à 10h41
POLITIQUE - Les organisations syndicales manifestent et Martine Aubry hausse le ton...
Ils étaient deux cents à manifester, mardi, à Lille, contre les expulsions et pour soutenir les Roms installés depuis une semaine à la Bourse du Travail de Fives après l'évacuation de leur camp à Villeneuve-d'Ascq. La veille, la présidente de Lille Métropole, Martine Aubry, lors d'un point presse, avait pris part au débat en critiquant vivement l'Etat qui «doit trouver des terrains» et ceux qui «manipulent ces populations» à des fins politiques.
« Repartir dans leur pays »
Elle a aussi évoqué la situation des Roms en des termes plus fermes que d'habitude. «S'ils sont condamnés, ils doivent repartir dans leur pays», a-t-elle glissé. La présidente de Lille Métropole s'appuie sur une directive européenne concernant le droit séjour. Ce dernier peut, en effet, être limité si le comportement de la personne représente «une menace réelle pour un intérêt fondamental de la société». Pour Antoine Berthe, avocat spécialisé dans le droit des étrangers, «toute condamnation ne déclenche pas automatiquement l'interdiction du territoire français, heureusement». «Voilà quatre ans que Martine Aubry change de discours sur les Roms», estime le maire (DVG) de Villeneuve-d'Ascq, Gérard Caudron. Ce dernier regrette toujours le manque de précisions des textes sur «les mesures à prendre en cas de troubles à l'ordre public».
Chez les Verts, Malik Ifri, conseiller à LMCU, chargé des gens du voyage, accepte ce discours mêlant «humanité et fermeté», mais, selon lui, «il faut d'abord être accueillant avant d'être ferme». «Hélas, les personnalités politiques méconnaissent ce qui se passe sur le terrain», dénonce un porte-parole de l'intersyndicale qui organise l'hébergement des Roms à la Bourse du Travail.
(Retrouvez 20 Minutes Lille sur Facebook)
Gilles Durand
 

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04 novembre 2013

Venez nombreux et diffusez l'information

affiche 13 nov ébauche 2.pdf

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24 octobre 2013

Le non-courage politique

 

 

 Communiqué RESF
Après l’intervention de François Hollande

Communiqué du 19/10/2013

Hollande intervient à la télé pour démembrer une famille, celle de Léonarda autorisée à revenir en France sans ses parents et ses frères et soeurs. C’est la seule solution qu’il a trouvé face à l’émotion et à la mobilisation des lycéens devant l’expulsion de deux jeunes scolarisés, Khatchik lycéen de 19 ans, et Léonarda collégienne de 15 ans. Il affirme sa fermeté pour répondre aux attentes, montées en épingle par les sondages, des électeurs de droite, qui pendant plus de 10 ans ont entendu Sarkozy et Le Pen associer "immigration et insécurité".

"Je conduirai une lutte implacable contre l'immigration illégale" disait Hollande dans sa campagne. C’était son 50ième engagement et il s’y tient dans son application la plus stricte. Sauf que depuis des années, des militants PS, des responsables de ce parti, Manuel Valls lui-même à l’occasion n’hésitaient pas à soutenir publiquement, à parrainer, à écrire aux préfets pour demander la régularisation d’une famille, d’un jeune. Ces engagements, multiples et dans tout le pays laissaient croire aux électeurs de gauche que le PS au pouvoir en tiendrait compte dans sa gestion de l’immigration et qu’en particulier, il serait attentif aux situations individuelles des personnes vivant en France depuis des années. Une partie de l’opinion publique attendait très rapidement après la présidentielle quelques gestes forts dans ce domaine.

Mais Hollande applique son programme : il nomme Valls à l’Intérieur et laisse l’immigration à la charge de ce ministère. La législation votée sous les deux précédents gouvernements reste en place sans aucun changement. L’annonce d’une nouvelle loi est sans cesse repoussée aux calendes grecques. Et désormais le PS explique qu’il faut respecter la loi, celle là même dont ses membres ont combattu les effets concrets sur des êtres humains bien concrets eux aussi. La seule modification annoncée par Hollande est une accélération des procédures d’examen des demandes d’asile, pour que les enfants n’aient pas le temps de s’intégrer à l’école. Face aux situations désastreuses, les militants et responsables PS ont longtemps baissé les yeux et laissé faire, même si l’affaire de Léonarda et l'expulsion de Khatchik ont amené certains d’entre eux à se démarquer publiquement de Valls. Un premier pas faut-il espérer. Une circulaire de novembre 2012 est censée permettre quelques régularisations. Elle n’a pas force de loi et laisse la plus grande liberté aux préfets. La famille de Léonarda rentrait presque dans les clous très restrictifs de cette circulaire, le Préfet a décidé, en suivant les propos de son ministre de tutelle, que cette famille n’était pas « intégrable ». La scolarisation des enfants, l’avis des enseignants, la naissance d’un enfant en France, la présence de tous depuis cinq ans en France, n’existent pas, pire sont niés, refusés, exclus. Il est indispensable à la bonne marche de ce pays que cette famille soit expulsée vers le Kosovo, un pays pratiquement sans Etat dont on n’a pas besoin de demander l’autorisation pour accueillir ses prétendus ressortissants et dont le traitement fait aux Roms est reconnu carrément discriminatoire.

C’est la loi, disent Hollande et Valls. Une loi héritée de Sarkozy-Guéant et restée intacte. Et la procédure d’expulsion a été respectée : irruption de la police au domicile aux petites heures du matin, obligation de prendre rapidement quelques affaires et de laisser le reste derrière soi et même aller chercher l’enfant qui n’est pas au domicile. Bien sûr, le style de l’interpellation d’une gamine qu’on va saisir dans le bus au cours d’une sortie scolaire comme si c’était un dangereux criminel pour lequel toutes les forces de police doivent être mobilisées toutes affaires cessantes, est un peu choquant, même Hollande le reconnaît.

Mais ce n’est pas cet aspect, anecdotique, qui l’est. Ce qui est choquant c’est que la loi prescrive l’expulsion d’une famille qui vit ici depuis des années. Et c’est le manque de courage politique de ceux qui justifient ces lois, les font appliquer par leur administration et refusent de les changer.

Contacts :
Catherine Tourier 06 81 51 81 44
Armelle Gardien 06 89 49 48 47
Brigitte Wieser 06 88 89 09 29
Richard Moyon 06 12 17 63 81

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09 octobre 2013

Frontex : surveiller ou sauver des vies ?

Campagne Frontexit

 

en | es | it


Six jours après le « drame de Lampedusa », alors que le nombre de victimes ne cesse d’augmenter et que les recherches en mer continuent, la commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, transmet un message hypocrite et mensonger : la solution pour prévenir les morts en mer serait d’accélérer la mise en place d’Eurosur pour mieux surveiller les bateaux de réfugiés, et d’investir des ressources supplémentaires afin de lancer une grande opération de sauvetage en Méditerranée sous l’égide de l’agence Frontex.

Mais à quoi sert Frontex ? Pourquoi aucun secours n’a-t-il été porté au bateau qui a fait naufrage le 3 octobre à quelques miles marins de Lampedusa ? Comment, avec neuf patrouilles de la Guardia Costiera, plusieurs patrouilles de la Guardia di Finanza, des bateaux militaires et des avions de surveillance, aucune information n’est-elle arrivée à temps sur l’île ? Jusqu’au 1er octobre 2013, un navire de la Guardia Civil espagnole mouillait à Lampedusa. Faisait-il partie de l’opération Hermes coordonnée par l’agence Frontex, le matin du drame ? Et si oui, que faisait-il pendant que des centaines de réfugiés se noyaient ?

Au lieu de poser ces questions, l’Italie et les institutions européennes indiquent qu’il est temps de « réévaluer » le rôle de l’agence Frontex et de lui donner plus de moyens. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! L’agence Frontex a pour mandat la lutte contre l’immigration dite « clandestine » et non le sauvetage en mer. Augmenter ses opérations dans le canal de Sicile ne réduira pas le nombre de morts en mer : 3.300 personnes auraient déjà trouvé la mort aux abords de l’île de Lampedusa [1] depuis 2002, alors que l’agence est en fonction depuis 2005 et que ses moyens sont passés de 19 millions d’euros en 2006 à environ 85 millions d’euros en 2013.

Même si les opérations d’interception en mer de Frontex sont souvent couplées à des opérations de sauvetage, le manque de transparence sur les activités de l’agence ne permet pas de savoir si ses patrouilles ont déjà véritablement sauvé des vies, ou si elles se sont contentées de signaler aux autorités les plus proches des embarcations en détresse. Au-delà, le partage des tâches entre l’Union européenne et les États membres est sciemment laissé dans l’opacité. Qui doit prendre en charge les migrants interceptés ou sauvés ? Qui, des États membres, de l’UE ou de Frontex, est garant du respect du droit d’asile et du principe international de non refoulement ? Ces incertitudes, et l’absence de procédures clairement définies, fragilisent gravement les opérations de sauvetage en laissant dans l’ombre la question des responsabilités.

La proposition de renforcer la présence de Frontex en Méditerranée, couplée à celle d’un renforcement de la coopération avec la Libye, révèle la volonté d’augmenter les patrouilles de l’agence européenne au large des côtes de Tripoli tout en externalisant la gestion des frontières. Cette politique entraînera un refoulement indirect des réfugiés vers la Libye où les droits humains des personnes migrantes sont notoirement bafoués [2]. Une façon de reléguer loin des yeux offusqués de l’opinion européenne les futurs « drames de l’immigration ».

À l’heure où, une fois de plus, les responsables politiques des États membres et de l’Union européenne considèrent que la leçon à retenir du naufrage survenu à Lampedusa le 3 octobre est la nécessité de renforcer la surveillance des frontières, il est temps de s’élever contre cette fuite en avant et d’affirmer haut et fort : « surveiller » n’est pas « veiller sur ». On ne peut à la fois « surveiller » les migrants en tant que flux à stopper et « veiller sur » les migrants en tant qu’humains ayant besoin de protection. Dès lors, jamais une politique de lutte contre l’immigration dite « clandestine » ne pourra être une politique respectueuse des droits des personnes.

Le 9 octobre 2013


Frontexit
 est une campagne portée par des associations, des chercheurs et des individus issus de la société civile du Nord et du Sud de la Méditerranée à l’initiative du réseau Migreurop.

ABCDS (Maroc), AMDH (Maroc), AMDH (Mauritanie), AME (Mali), ARACEM (Mali), ARCI (Italie), La Cimade (France), CIRÉ (Belgique), CNCD-11.11.11 (Belgique), FASTI (France), FIDH (réseau international), GISTI (France), GADEM (Maroc), GRAMI-AC (réseau régional), JSFM (réseau international), LDH (Belgique), Migreurop (réseau régional), Progress Lawyers Network (Belgique)


[1] Source : United Against Racism et Fortress Europe

[2] « Libye, en finir avec la traque des migrants », Migreurop, FIDH, JSFM, juin 2012 ; « Scapegoat of fear : Rights of refugees, asylum seekers and migrants abused in Libya », Amnesty International, 20 juin 2013



Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site
www.frontexit.org



Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigrés
www.gisti.org
Sur le Web :
www.gisti.org/spip.php?article3260

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