Collectif 28 pour la régularisation des "sans papiers"

"J'ignorais qu'il était si facile de faire son devoir." Jean Moulin

05 novembre 2009

Pétition pour les travailleurs grévistes

 4800 sans papiers, les uns en CDI ou en CDD, d’autres travaillant au noir ou sous une autre identité sont en grève depuis le 12 octobre pour demander la régularisation des travailleurs sans papiers. Le RESF est évidemment solidaire de leur combat. D’abord parce que certains de ces travailleurs ont des enfants scolarisés, nos élèves, les camarades de classe de nos enfants. Mais aussi parce que la situation faite à ces travailleurs, qu’on voudrait priver et livrer sans défense à des exploiteurs est une honte que nous ne pouvons pas tolérer sous pein de disqualifier aux yeux des jeunes générations nos discours sur les droits de l’homme, la liberté et la démocratie.

DES PAPIERS POUR LES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS

Pour signer la pétition (c’est important !)   http://www.travailleurssanspapiers.org

 

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03 novembre 2009

MANIFESTATION DES SANS PAPIERS SAMEDI 14 NOVEMBRE A 14H DEPART DE DENFER-ROCHEREAU VERS LE MNISTERE DE « L'IDENTITE NATIONALE »





Après le « ministère de l'identité nationale »,
voilà le débat sur « l'identité nationale » : Où va le pays?

Après la rafle des réfugiés Afghans dans la jungle' de Calais, après la barbarie de la déportation vers un pays en guerre, après le lapsus révélateur quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a problème', aprè ;s la loi sur l'immigration choisie'qui permet de trier les étrangers comme des marchandises, après la chasse aux sans papiers traqués, piégés, expulsés, après l'insulte de racaille' adressée aux habitants des quartiers populaires, après le dénigrement qui discrimine la France, on l'aime ou on la quitte' visant les Fadela, les Rama, les Rachida, les Ozgur et les N'Guyen Français(e)s, voilà la grande interrogation sur l'identité Française' agitée en cette veille d'élections régionales par une droite de plus en plus aux abois. En effet les mimes trompeuses qui lui ont permis d'avoir la mainmise sur l'électorat xénophobe lepéniste font de moins en moins recettes.
Déjà le pa ssé récent est rempli de délires qui montrent bien que le racisme, en plus d'être dans la loi un délit que l'on ne punit pas en France, c'est un « communautarisme » de «petit blanc ». Lisez vous mêmes : « Nous récusons l'image caricaturale faite de notre peuple qui serait xénophobe, mais il pourrait le devenir si on ne réglait pas le problème » François Léotard (UDF) Le Monde - 19 novembre 1997, Pierre André Taguieff du CNRS déclarait à la question « Islam et islamisme ? » : « Ce n'est pas la même chose, certes. Mais deux millions de musulmans en France, c'est deux millions d'intégristes potentiels », le même se fendait de «Face à une doctrine nationaliste forte, il faut repenser la nation à l'heure de la mondialisation, résorber le chômage, et réguler les flux migr atoires » ( dans l'Évènement du Jeudi du 20 au 26 fév. 1997), M. Jaques Soustelle dans le Figaro magazine du 14 mars 1990, il y a presque 20 ans, disait : « On ne peut assimiler que ce qui est assimilable », le 14 octobre 1993, M. Charles Pasqua (RPR) déclarait : « Le plus difficile pour le creuset français, c'est l'intégration des populations venues d'Afrique et notamment d'Afrique du Nord », M. Pierre Mazeaud (RPR) disait : « Hier d'origine européenne, la population est aujourd'hui d'origine extra-européenne. L'intégration est d'autant plus difficile », M. Christian Estrosi (UDF) dans un débat parlementaire de juillet 1993 : « D'une immigration européenne proche culturellement donc facilement assimilable, nous sommes passés à une immigration plus difficilement assimilable justement en raison de différences historiques et culturelles profondes ». 
En fait une partie de la droite, manifestement celle qui est aujourd'hui au pouvoir ne fait que singer Le Pen et le Front National (FN), lequel n'a cessé de propager que « les africains...c'est l'invasion », que les « hôpitaux parisiens sont occupés aux trois quarts par des étrangers, laissant aux parisiens, et donc à tous les français, le seul droit d'aller consulter les sorciers de Ouagadougou »(Le Pen cité par Le Monde du 21/07/85), qu'il faut des « tribunaux spéciaux pour les étrangers », Le Figaro Magazine prétendait même révéler « pour la première fois les chiffres secrets (!?) qui dans les trente années à venir mettront en péril les identités nationales et détermineront le sort de notre civilisation »; « serons-nous encore français dans trente ans?» se demandait-il.
Même la gauche socialiste n'a pas échappé à cette dérive quand elle répétait que « Le Pen pose un vrai problème, mais apporte de fausse solution » ou « la France ne peut accueillir toute la misère du monde » (Michel Rocard). 
La CNSP déclare que :
la nation, l'identité nationale est une catégorie historique de l'ère moderne qui n'est pas figée, fixée une fois pour toute, mais évolue en intégrant notamment un peuplement nouveau. Toute l'histoire de France le prouve et c'est ce qu'enseignait F. Braudel en disant q ue « la population Française est un tissu composé de plusieurs ethnies, de plusieurs peuples régionaux rassemblés, auxquels se sont joints, par les différentes immigrations depuis plus d'un siècle, des étrangers d'Europe ou de pays lointains ». 
la seconde partie de sa définition est celle qui a été instrumentalisée par les élites pour diaboliser les Français et l'immigration les plus récents, celle issue des ex-colonies de la France : « tant d'immigrés … ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse Française que l'on pourrait dire …, que tous les Français… sont fils d'immigrés » (L'identité de la France, Arthaud, 1986). 
en effet « l'assimilation forcée » a été un projet colonial Français vis à vis des peuples colonisés et qui a échoué. Donc la difficulté consiste justement dans le fait que les Français issus de la colonisation, ceux ghettoïsés dans les « banlieues » et dont les « pères » sont enterrés dans les cimetières des deux guerres mondiales transforment peu à peu la France en Nation multicolore, multiculturelle et multi-religieuse.
La laïcité est une conquête démocratique, progressiste dans une France alors « judéo-chrétienne » qui consiste dans la séparation entre l'Etat et la religion et qui à l'école s'appliquait aux programmes scolaires, aux locaux et aux adultes. Pourquoi donc vouloir l'appliquer de façon discriminatoire aux enfants des Français récents et de l'immigration récente de confession musulmane?
Le Président Sarkozy déclare que « la terre fait partie de l'identité nationale », alors les quartiers populaires font-ils partie de cette « terre d'identification »?
La devise Liberté, Egalité, Fraternité résulte de conquêtes démocratiques du peuple tant en 1789, 1793, 1871 lors de la Commune, 1936, dans la Résistance contre l'occupant Nazie et en 1968, etc. Mais à tous ces combats ont participé et payé un lourd tribut les immigrations successives.
Qui est plus « Français » entre l'Arm& eacute;nien Manouchian, le Polonais Politzer, le Malien Garang Kouyaté, tous fusillés par l'occupant Nazi et Pétain, Laval, Papon, Bousquet, etc. et tant d'autres Français collabos. Qui est donc plus « Français » entre De Gaulle, Möcquet, Duclos, Jean Moulin, Frachon, les dirigeants FTP et les « tirailleurs » musulmans ou bouddhistes morts pour la France? Qui peut se donner le droit de rayer de « l'identité Française» ces « étrangers » sans lesquels ceux qui délirent aujourd'hui hypocritement sur « l'identité menacée » ne seraient pas libres ?
La seule conclusion que l'on peut tirer de tout cela est : ce « débat sur l'identité nationale » reflète les résistances réactionnaires de l'élite gouvernante à ; accepter une France devenue de fait multicolore, multiculturelle et multi-religieuse. Cette provocation a un autre but : diviser les travailleurs de toutes couleurs, de toutes origines, de toutes cultures et de toutes religions, avec ou sans religion, avec ou sans papiers face à la broyeuse sociale patronale amplifiée par la crise systémique actuelle du capitalisme.
Voilà pourquoi la CNSP appelle à l'unité des travailleurs et du peuple de France, à l'unité des syndicats, des associations, des forces politiques pour dire : assez de poison raciste, nous voulons vivre ensemble dans l'égalité des droits pour tous :
Abrogation des lois racistes Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkozy/Hortefeux/Besson - Arrêt de la c hasse à l'humain étranger et de la politique des quotas d'expulsions - Fermeture des Centres de Rétention - Arrêt des expulsions - Régularisation de tous les sans papiers – Suppression de l'appellation « Ministère de l'identité nationale » - Egalité des droits -
Fait à Paris le 1er novembre 2009

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France : Il faut abolir le statut juridique arbitraire des mineurs étrangers à l’aéroport de Roissy

Les autorités françaises devraient cesser de prétendre que cet endroit ne se trouve pas en France et elles devraient offrir aux mineurs la protection à laquelle ils ont droit.

Simone Troller, chercheuse sur les droits des enfants en Europe pour Human Rights Watch
La « zone d’attente » met les mineurs étrangers isolés en danger
Octobre 29, 2009

Le système français de détention et d'expulsion des mineurs étrangers isolés qui arrivent à Paris par voie aérienne met gravement en danger ces enfants, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces conclusions sont basées sur le rapport de 71 pages intitulé « Perdus en zone d'attente : Protection insuffisante des mineurs étrangers isolés à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle ».

En 2008, la police aéroportuaire a éloigné un tiers des 1 000 mineurs étrangers isolés qui sont arrivés à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle à Paris et se sont vu refuser le droit d'accès au territoire français. Le point de vue de la France est que ces enfants n'ont pas encore pénétré en France et elle les maintient dans une « zone d'attente » où ils sont privés des droits octroyés aux autres mineurs étrangers se trouvant sur le territoire français.

« L'argument de la France selon lequel ces mineurs ne sont jamais entrés en France est absurde », a déploré Simone Troller, chercheuse à la division Droits de l'enfant de Human Rights Watch. « Les traiter ainsi est irresponsable et dangereux. »

La police aux frontières de l'aéroport de Roissy a placé des mineurs dans le même lieu de détention que les adultes, exposant ces enfants au risque d'abus. Il est fréquent que les policiers menacent d'expulsion des mineurs qui ont pas plus de six ans, obligent les enfants à se déshabiller pour les soumettre à des fouilles corporelles, les menottent lors de trajets vers des hôpitaux et ordonnent des examens d'âge gênants même dans les cas où il ne fait aucun doute que l'enfant a moins de 18 ans. Les policiers tirent parti de la vulnérabilité des mineurs sur le plan émotionnel et physique, les intimidant et exerçant des pressions pour qu'ils signent des documents qui, sans qu'ils le sachent, leur font renoncer à certains droits dont ils jouissent pourtant.

Les mineurs sont éloignés vers des pays où ils n'avaient fait que transiter ou sont forcés de poursuivre leur voyage vers une autre destination, sans bénéficier des garanties suffisantes assurant qu'ils ne seront pas exposés au risque d'exactions et qu'ils seront pris en charge à leur arrivée. La police peut expulser des mineurs avant même que leurs représentants désignés n'arrivent, privant ainsi les enfants de l'occasion de contester leur détention et leur expulsion.

« Daniel S. », dix-sept ans, a expliqué à Human Rights Watch qu'au départ, la police aux frontières avait refusé de recevoir sa demande d'asile et l'avait menacé d'éloignement :

« [La police] m'a fait venir à un bureau. On a pris ma photo et on m'a donné un papier à signer. J'ai dit que je ne signerais pas. Alors le policier m'a dit que je serais expulsé de toute façon, que je signe ou pas. J'ai répété que je voulais demander l'asile mais le policier s'est moqué de moi et m'a répondu, ‘ce n'est pas la peine' et il m'a dit que je serais renvoyé quand-même. »

« Quand il a dit ça, ce moment là, j'ai eu envie de me suicider. J'avais vécu tant de choses et j'avais toujours eu la force de m'en sortir, j'avais fait plein d'efforts pour me sauver et j'étais arrivé là où je croyais que je serais enfin en sécurité. J'avais l'impression que tout s'écroulait. Et j'ai pensé : si j'ai l'occasion de me jeter par la fenêtre, je le ferai. »

Le gouvernement français affirme que la détention des mineurs étrangers isolés à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle les protège contre les dangers, y compris celui de tomber entre les mains de réseaux de traite d'être humains. Human Rights Watch a découvert que la vérité était tout autre. En fait, des membres des réseaux rendent visite aux enfants et peuvent leur téléphoner au centre de détention de l'aéroport. Par ailleurs, en l'espace de trois semaines, une série d'incidents alarmants ont eu lieu, notamment une tentative de suicide, une dépression nerveuse et le harcèlement sexuel d'un garçon par un autre détenu.

Dans la plupart des cas, des représentants légaux - des administrateurs ad hoc - sont désignés pour représenter et assister les mineurs et dernièrement, le gouvernement s'est engagé à ce que chaque mineur retenu à l'aéroport ait un tel représentant. Mais les administrateurs ad hoc ont un mandat restreint et sont confrontés à de nombreux obstacles lorsqu'ils essaient d'effectuer leur travail. Ils ne sont pas présents immédiatement après l'arrivée des mineurs, n'ont pas voix au chapitre lorsqu'il s'agit de décider si un mineur sera maintenu en détention ou expulsé, sont souvent victimes d'obstruction policière et doivent engager une course contre la montre lorsqu'ils essaient d'empêcher l'éloignement d'un mineur vers un pays où il serait exposé à des risques.

La mise sur pied, par le ministre de l'immigration, d'un groupe de travail chargé d'étudier la question des mineurs étrangers isolés, notamment ceux retenus dans la zone d'attente de l'aéroport, est un signe positif, a relevé Human Rights Watch. L'organisation estime néanmoins qu'en refusant d'envisager la suppression du système de « zone d'attente », le gouvernement limite ses possibilités d'améliorer la protection de ces mineurs et de leurs droits.

« Dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, les mineurs finissent par être traités comme des étrangers adultes », a constaté Simone Troller. « Les autorités françaises devraient cesser de prétendre que cet endroit ne se trouve pas en France et elles devraient offrir aux mineurs la protection à laquelle ils ont droit. »

Des enfants racontent leur histoire

« Juliette H. », douze ans, a expliqué à Human Rights Watch que la police les avait menacées d'expulsion, elle et une autre fillette de six ans.

« Ils ont dit, ‘Nous ne savons pas si vous reverrez un jour vos parents'. J'ai commencé à pleurer et [l'autre fille] aussi. Alors j'ai dit [à l'autre fille] qu'ils mentaient et elle s'est calmée. Les policiers ont dit que pour que cela n'arrive plus, ils puniraient mes parents. »

« Liliane A. », seize ans, a raconté à Human Rights Watch que la police l'avait enfermée pendant des heures au terminal de l'aéroport et ne l'avait pas laissée se rendre aux toilettes :

« D'abord ils m'ont enfermée dans une pièce. J'étais avec plusieurs autres personnes dans la même pièce, y compris des hommes ; on était peut-être huit ou dix au total. J'ai tenté d'appeler la police pour aller aux toilettes mais il n'y avait personne. ... Je ne pouvais pas aller aux toilettes. »

« Paco M. », seize ans, a confié à Human Rights Watch qu'il avait dû se cacher à l'intérieur du centre de rétention parce qu'un détenu adulte le harcelait sexuellement :

« J'avais peur parce qu'il y avait un type qui s'intéressait à moi. Il m'avait dit de le suivre. J'avais dit ‘non'. Je suis resté dans la pièce toute la journée. J'avais peur et je suis resté à l'intérieur. Je ne pouvais parler à personne. »

« Omar F. », seize ans, venu en France pour demander l'asile, a confié à Human Rights Watch que pendant sa rétention à l'aéroport, il se sentait stressé, effrayé et en danger.

« Le [centre de détention] est très proche de l'aéroport. Donc tu n'es en sécurité que lorsque tu es loin de l'aéroport. Chaque fois que tu vois les avions, tu penses, ‘c'est mon tour maintenant'. Tu vois qu'ils emmènent d'autres personnes pour les expulser. C'est bouleversant. »

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30 octobre 2009

Projet de loi de finances 2010

CFDA (Coordination française pour le droit d’asile)


La crise de l’accueil des demandeurs d’asile passée sous silence

La coordination française pour le droit d’asile (CFDA) lance un cri d’alarme aux pouvoirs publics et aux parlementaires face à la crise de l’accueil des demandeurs d’asile en France.

Au moment où le ministre Eric Besson se félicite de l’accueil des demandeurs d’asile, partout en France, des centaines d’entre eux sont à la rue. A Angers, Bordeaux, Cergy, Metz, Paris, Calais ou Tarbes, ces personnes sont contraintes de dormir dehors ou de squatter des bâtiments vétustes en dépit des obligations de la France [1] de leur garantir des conditions d’accueil décentes, obligations pourtant rappelées régulièrement par les juridictions compétentes à l’occasion de condamnations répétées de l’Etat [2]. Ces conditions de vie ont notamment pour conséquence une dégradation importante de l’accès aux soins et du suivi du traitement des personnes malades.

Cette nouvelle crise de l’accueil des demandeurs d’asile, similaire à celle du début des années 2000, a plusieurs causes :

  1. une hausse du nombre des demandes d’asile (+ 20% par rapport à 2008), due notamment à la persistance des violations des droits de l’Homme dans le monde ;
  2. un dispositif d’accueil engorgé dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) (près de 5000 personnes en attente d’une entrée) en dépit du caractère restrictif des critères d’admission [3] et des pressions financières exercées sur les centres pour en « sortir les personnes indues », les réfugiés et les déboutés, sans solution digne et sans travail social ;
  3. une régionalisation improvisée de l’admission au séjour, sans moyen supplémentaire pour les préfectures devenues seules compétentes en région, ce qui aboutit à multiplier les obstacles pour déposer la demande d’asile (numerus clausus, exigences illégales, délais de plusieurs semaines pour la prise en compte de la demande) ;
  4. un démantèlement du dispositif de premier accueil, avec le remplacement de plates-formes départementales d’accueil existantes par des plates-formes régionales dont les budgets seront minimaux et les missions d’accompagnement réduites à un enregistrement dans le logiciel dn@ et à une orientation vers des associations caritatives ou vers le 115 pour l’hébergement d’urgence.

Le projet de loi de finances 2010 [4], bien qu’en hausse de 12% pour l’asile, passe cette crise sous silence et fait ressortir une augmentation des crédits manifestement insuffisante pour permettre à la France d’honorer ses obligations :

  1. le budget de l’OFPRA est en augmentation de 5% et celui de la CNDA stagne alors qu’il leur est demandé de réduire les délais d’instruction. Il est à craindre que cela se réalise au détriment des garanties de procédure ;
  2. seules 1000 nouvelles places de CADA seraient créées en 2010, ce qui ne permettra pas de satisfaire les besoins constatés ;
  3. les crédits d’hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile sont stables (30 M€) alors qu’ils étaient déjà très nettement sous dotés. Pour répondre aux obligations de la France et aux condamnations des juridictions administratives, il faudrait pour le moins tripler ce montant ;
  4. malgré un montant plus réaliste, les crédits alloués pour le versement de l’allocation temporaire d’attente (ATA) sont encore sous évalués et son montant ne permet pas aux demandeurs d’asile de survivre [5] ;
  5. les crédits inscrits au budget de l’Etat pour l’accompagnement social sont réduits de 5,1M€ en 2008 à 500 000 € ; si le financement des plates-formes régionales d’accueil est transféré à l’OFII, cela se fait sans aucune visibilité, au risque de démanteler le dispositif de premier accueil.
LA CFDA rappelle que, dans son manifeste de mai 2007 « 10 conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel », elle recommandait que :
  • les conditions d’accueil doivent être assurées dès la première démarche de demande d’asile et pendant toute la procédure ; qu’elles doivent être au moins conformes aux exigences minimales de la directive du 27 janvier 2003 relative aux conditions d’accueil des demandeurs d’asile et d’un niveau respectant la dignité de chaque personne, et permettre de vivre dignement (atteignant au moins l’équivalent du RSA, avec prise en compte de la composition familiale et du mode d’hébergement) ;
  • le système français d’hébergement pour les demandeurs d’asile, caractérisé par la liberté de choix du mode d’hébergement (soit individuel, soit collectif en CADA), doit être maintenu. Pour que ce choix soit réel pour tous les demandeurs, un accompagnement spécifique doit être garanti et doit être accessible dans chaque département, y compris outre mer ;
  • il faut également que les frais de procédure soient pris en charge par l’Etat (traduction de documents, frais de transport, aide juridictionnelle revalorisée) et que les aides financières et l’accès à l’assurance maladie soient assurés pour tous les demandeurs d’asile ;

Le 27 octobre 2009


[1La directive européenne N°2003/9 du 27 janvier 2003 sur les conditions d’accueil des demandeurs d’asile dispose que les Etats doivent fournir en toute circonstance des conditions de vie digne.

[2] Dans une ordonnance du 17 septembre 2009 (CE, 17 septembre 2009, N°331950), le Conseil d’Etat a considéré que le préfet « doit, aussi longtemps que [l’étranger] est admis à se maintenir sur le territoire en qualité de demandeur d’asile et quelle que soit la procédure d’examen de sa demande, lui assurer, selon ses besoins et ses ressources, des conditions d’accueil comprenant le logement, la nourriture et l’habillement ». Il considère que « lorsque les capacités de logement normalement disponibles sont temporairement épuisées, l’autorité administrative peut recourir à des modalités différentes de celles qui sont prévues, c’est pendant une période raisonnable, aussi courte que possible, et en couvrant les besoins fondamentaux du demandeur d’asile ». Par une ordonnance du 20 octobre 2009, le Conseil d’Etat a considéré que les personnes placées sous procédure Dublin II avaient les mêmes droits.

[3] Seuls les demandeurs d’asile admis au séjour sont éligibles à l’entrée dans un CADA. Les personnes sous convocation du règlement Dublin et celles dont la demande d’asile a été placée en procédure dite « prioritaire » ne peuvent y accéder. En 2008, seul un tiers des personnes éligibles ont en fait pu y accéder.

[4Programme N° 303 relatif à l’immigration et l’asile. Les crédits de la CNDA sont rattachés au programme Conseil et contrôle de l’Etat (programme N°165).

[5] L’allocation temporaire d’attente est versée au demandeur adulte admis au séjour, dont la demande est en cours d’instruction et en attente d’une place en CADA. Son montant de 10,54€ par jour est insuffisant pour satisfaire les besoins fondamentaux des personnes.

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27 octobre 2009

MESSAGE

L'association SALAM ne participera pas à la réunion organisée le mardi 27 octobre par monsieur le Préfet sur le volet « soi-disant » humanitaire de la politique d'immigration de monsieur Besson. La préfecture est l'entité déclinée directement du gouvernement qu'elle a pour mission de représenter. 
La politique de répression et de chasse des migrants à des fins de pure communication politicienne commencée lors de l'évacuation de la jungle des afghans le 22 septembre s'est poursuivie le mois suivant par la destruction systématique du moindre abri dans et aux alentours de Calais, poussant les migrants à dormir sous les ponts dans des conditions de survie dramatiques. 
L'association SALAM ne peut admettre le traitement inhumain réservé quotidiennement à ces femmes, ces enfants et à ces hommes qui pour tout délit ont fuit la misère et la guerre. 
Aujourd'hui la répression est plus forte que jamais et l'on voit même les forces de l'ordre venir arrêter les migrants durant le repas y compris dans l'enceinte réservée à cet effet et mise en place par la région et la mairie ! 
L'association SALAM ne peut admettre les mensonges répétés de monsieur Besson lors de la triste journée du mardi 2 0 octobre, jour de l'expulsion de trois jeunes afghans vers Kaboul. 
L'association SALAM ne peut admettre de voir ainsi les associations et les citoyens trompés par monsieur Besson.L'association SALAM ne peut admettre le retour forcé vers la mort par le biais de charter de la honte de réfugiés afghans.D'autre part l'association SALAM rappelle à Monsieur le Préfet son engagement toujours sans effet à ce jour sur l'attribution du droit de domiciliation pour accompagner les migrants dans leur démarche de demande d'asile. Cela devait être un premier pas pour une nouvelle politique de l'immigration. Cela devait démontrer une réelle volonté de ne pas limiter la politique de l'immigration au tout répressif. L'association SALAM avait toujours souhaité maintenir l e dialogue. Force est de constater aujourd'hui que le climat de confiance est rompu avec le ministère de l'immigration. 
L'association SALAM ne sera jamais complice d'une politique qui envoie à la mort les migrants venus chercher la PAIX. 
Association SALAM NORD PAS DE CALAIS 
www.assoiationsalam.org

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16 octobre 2009

Réfugiés de la faim J Ziegler

jeudi 8 octobre 2009
par Amitié entre les peuples

Jean ZIEGLER est proposé par le BE du MRAP à son prochain CA comme intervenant principal pour les "60 ans du MRAP". Voici un de ses textes écrit et publié en 2008.

Réfugiers de la faim

Les notes de renvoi sont à lire sur le site source ici

crise

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/ZIEGLER/15658

La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres à l’heure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec un fracas effroyable, s’abattaient sur la frêle embarcation de bois. Celle-ci était partie d’une crique de la côte de Mauritanie, dix jours auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage d’El Medano, dans une petite île de l’archipel des Canaries. Au fond de la barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois adolescents et d’une femme, morts de faim et de soif.

La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage d’El Hierro, un autre rafiot s’échoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes, spectres titubants à la limite de l’agonie (1).

A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion d’observation de l’organisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui – probablement par suite d’une panne de moteur – dérive sur les flots agités. A bord du zodiac, les caméras de l’avion identifient des enfants en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises, qui refusent d’agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ». La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n’y fait. L’Europe ne bouge pas. On perd toute trace des naufragés.

Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries, avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants (2).

Des milliers d’Africains, y compris des femmes et des enfants, campent devant les clôtures des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, dans le Rif aride. Sur injonction des commissaires de Bruxelles, les policiers marocains refoulent les Africains dans le Sahara (3). Sans provisions ni eau. Des centaines, peut-être des milliers d’entre eux périssent dans les rochers et les sables du désert (4).

Combien de jeunes Africains quittent leur pays au péril de leur vie pour tenter de gagner l’Europe ? On estime que, chaque année, quelque 2 millions de personnes essaient d’entrer illégalement sur le territoire de l’Union européenne et que, sur ce nombre, environ 2 000 périssent en Méditerranée, et autant dans les flots de l’Atlantique. Leur objectif est d’atteindre les îles Canaries à partir de la Mauritanie ou du Sénégal, ou de franchir le détroit de Gibraltar au départ du Maroc.

Selon le gouvernement espagnol, 47 685 migrants africains sont arrivés sur les côtes en 2006. Il faut y ajouter les 23 151 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes ou à Malte au départ de la Jamahiriya arabe libyenne ou de la Tunisie. D’autres essaient de gagner la Grèce en passant par la Turquie ou l’Egypte. Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, M. Markku Niskala commente : « Cette crise est complètement passée sous silence. Non seulement personne ne vient en aide à ces gens aux abois, mais il n’y a pas d’organisation qui établisse ne serait-ce que des statistiques rendant compte de cette tragédie quotidienne (5). »

Pour défendre l’Europe contre ces migrants, l’Union européenne a mis sur pied une organisation militaire semi-clandestine qui porte le nom de Frontex. Cette agence gère les « frontières extérieures de l’Europe ».

Elle dispose de navires rapides (et armés) d’interception en haute mer, d’hélicoptères de combat, d’une flotte d’avions de surveillance munis de caméras ultrasensibles et de vision nocturne, de radars, de satellites et de moyens sophistiqués de surveillance électronique à longue distance.

Frontex maintient aussi sur sol africain des « camps d’accueil » où sont parqués les réfugiés de la faim, qui viennent d’Afrique centrale, orientale ou australe, du Tchad, de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Cameroun, de l’Erythrée, du Malawi, du Zimbabwe… Souvent, ils cheminent à travers le continent durant un ou deux ans, vivant d’expédients, traversant les frontières et tentant de s’approcher progressivement d’une côte. Ils sont alors interceptés par les agents de Frontex ou leurs auxiliaires locaux qui les empêchent d’atteindre les ports de la Méditerranée ou de l’Atlantique. Vu les versements considérables en espèces opérés par Frontex aux dirigeants africains, peu d’entre eux refusent l’installation de ces camps. L’Algérie sauve l’honneur. Le président Abdelaziz Bouteflika dit : « Nous refusons ces camps. Nous ne serons pas les geôliers de nos frères. » Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient

La fuite des Africains par la mer est favorisée par une circonstance particulière : la destruction rapide des communautés de pêcheurs sur les côtes atlantique et méditerranéenne du continent. Quelques chiffres.

Dans le monde, 35 millions de personnes vivent directement et exclusivement de la pêche, dont 9 millions en Afrique (6). Les poissons comptent pour 23,1 % de l’apport total de protéines animales en Asie, 19 % en Afrique ; 66 % de tous les poissons consommés sont pêchés en haute mer, 77 % en eaux intérieures ; l’élevage en aquaculture de poissons représente 27 % de la production mondiale. La gestion des stocks de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des zones économiques nationales revêt donc une importance vitale pour l’emploi et la sécurité alimentaire des populations concernées.

La plupart des Etats de l’Afrique subsaharienne sont surendettés. Ils vendent leurs droits de pêche à des entreprises industrielles du Japon, d’Europe, du Canada. Les bateaux-usines de ces dernières ravagent la richesse halieutique des communautés de pêcheurs jusque dans les eaux territoriales. Utilisant des filets à maillage étroit (interdits en principe), elles opèrent fréquemment en dehors des saisons où la pêche est autorisée. La plupart des gouvernements africains signataires de ces concessions ne possèdent pas de flotte de guerre. Ils n’ont aucun moyen pour faire respecter l’accord. La piraterie est reine. Les villages côtiers se meurent.

Les bateaux-usines trient les poissons, les transforment en surgelés, en farine ou en conserves, et expédient du bateau aux marchés. Exemple : la Guinée-Bissau, dont la zone économique abrite un formidable patrimoine halieutique. Aujourd’hui, pour survivre, les Bissagos, vieux peuple pêcheur, sont réduits à acheter sur le marché de Bissau – au prix fort – des conserves de poisson danoises, canadiennes, portugaises.

Plongés dans la misère, le désespoir, désarmés face aux prédateurs, les pêcheurs ruinés vendent à bas prix leurs barques à des passeurs mafieux ou s’improvisent passeurs eux-mêmes. Construites pour la pêche côtière dans les eaux territoriales, ces barques sont généralement inaptes à la navigation en haute mer.

Et encore… Un peu moins d’un milliard d’êtres humains vivent en Afrique. Entre 1972 et 2002, le nombre d’Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.

Prenons l’exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l’Afrique de l’Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. – au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.

Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu’à quinze heures par jour… et n’a pas la moindre chance d’acquérir un minimum vital décent.

Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.

Peu d’êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambara du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants.

Revenons à Frontex. L’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d’une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l’autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim.

Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et technologiques que l’Europe des Vingt-Cinq déploie contre les flux migratoires africains sont, en fait, ceux d’une guerre en bonne et due forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et urbains sans défense, dont les droits à l’éducation, à l’information économique, au travail et à l’alimentation sont bafoués dans leurs pays d’origine sous ajustement structurel. Victimes de décisions et de choix macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont chassés, traqués et humiliés lorsqu’ils tentent de chercher une issue dans l’émigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles Canaries, de Lampedusa ou d’ailleurs, sont autant de naufragés de l’émigration forcée et criminalisée (7). »

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Grève de la faim à Lyon

FTCR a écrit :

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Nous venons de recevoir une pétition de 68 sans papiers, adressé au directeur du centre de rétention de Lyon pour l’informer de leur décision d’entamer une grève de la faim, ce jeudi 15 octobre 2009. Dans cette lettre, les signataires dénoncent la décision du gouvernement d’empêcher la CIMADE «  de faire son devoir », la volonté du gouvernement de suivre une politique d’expulsion basée sur le chiffre uniquement, sans se soucier d’une situation humaine plus complexe. Ils contestent la décision des juges qui  prolongent automatiquement les rétentions, les fausses informations dont ils font l’objet et les reconduites aux frontières pour des pays qu’ils ne sont pas les leurs  Ils réclament leur libération immédiate.

 

La FTCR apporte son soutien aux grévistes de la faim et appelle le gouvernement à réexaminer leur situation en prenant en considération leurs revendications.

 

 

Paris, le 15 octobre 2009

 

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Ci – après la lettre des 68 retenus

 

 

A l’attention de Mr. Le Directeur du Centre de Rétention 

Lyon le 15/10/2009

 

Monsieur,

On vous informe qu'à partir de ce Jour on a entamé une Grève de la Faim, pour les raisons suivantes :

1- Le Gouvernement empêche la CIMADE de faire son devoir selon la loi.

2- On conteste les décisions des Juges, (Bonjour, 15 jours) qui sont basées seulement sur une politique du chiffre, de 28000 expulsés par année.

3 - On conteste les prolongations automatiques sans examiner du tout nos situations administratives.

4- On conteste les fausses informations de reconduites aux Frontières. Nous ne sommes pas du tout informés de notre départ en direction de nos Pays.

5- Certaines personnes sont renvoyées dans des pays qui ne sont même pas les leur, tandis que d'autres sont renvoyées dans leurs pays sans l'autorisation du Consulat des pays concernés.

ON EXIGE NOTRE LIBERATION, ICI, MAINTENANT, TOUT DE SUITE.

6 - On demande l'intervention d'une organisation neutre, pour revendiquer nos Droits selon la Justice, le Liberté, l'Egalité et la Fraternité. La plupart des cas : nous sommes jugées sur la forme et non pas sur le fond.

7 - On demande à la Préfecture de réexaminer nos situations cas par cas.

8 - Certains détenus ont été frappé par la PAF d'autant plus qu'il y avait des mineurs, et nous trouvons cela inhumain, humiliant, il y a de quoi se révolter face à ces actes semblables.

9 - Nous nous plaignons des soins, des médecins. Nous sommes dans un pays laïc, tandis que nos repas ne sont pas cachères, le racisme règne aux centres de Rétentions. La Laïcité n'est pas respectée.

10 - Il faut procéder par une méthode de réadmission des retenus et prendre en considération leurs attachements familiaux.

Signés par 68  retenus du Centre de Rétention Administratif de Saint Exupéry .

 

 

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Organisation de Femmes Egalité

 

femmesegalite@yahoo.com

www.femmes-egalite.org


 

Communiqué

Une circulaire pour régulariser les travailleuses et les travailleurs sans papiers !

 

Services à la personne : les travailleuses sans papiers rentrent aussi dans le mouvement

 

Plus de 1000 travailleurs sans papiers se sont mis en grève le 12 octobre pour exiger que les mêmes critères de régularisation par le travail soient appliquées à tous et toutes.

Notre Organisation de Femmes Egalité, aux côtés des syndicats, CGT, CFDT, Union Syndicale Solidaires, FSU, UNSA, et des Associations, LDH, Cimade, RESF, Autremonde et Droits Devant, soutient ce mouvement. Nous exigeons une circulaire qui établisse des critères améliorés, simplifiés, appliqués sur l’ensemble du territoire national pour la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers.

 

Les travailleuses sans papiers, exerçant principalement dans les services à la personne, rentrent aussi dans le mouvement. Avec elles nous exigeons du gouvernement qu’il applique à toutes les femmes sans papiers travaillant dans ce secteur les mêmes critères qu’il a appliqués à toutes celles qui ont été régularisées suite au mouvement de grève du 15 avril 2008. 

 

Sur les 90 femmes dont les dossiers ont été présentés aux préfectures en 2008, 11 n’ont pas encore été convoquées. Les préfectures n’ont pas examiné leurs dossiers, sans aucune raison.

Nous ne baisserons pas les bras tant que ces femmes ne seront pas régularisées.

Derrière elles, il y a très nombreuses sont les femmes qui travaillent dans l’ombre, qui gardent des enfants ou les cherchent à l’école, s’occupent des personnes âgées, font le ménage, le repassage, les courses  et autres tâches domestiques. Leur travail est socialement nécessaire et très recherché.

Les travailleuses à domicile exercent une activité dans un secteur qui est toujours sous tension car la main d’œuvre manque.

 

Travaillant chez les particuliers elles ne peuvent pas faire grève, leur voix est leur force pour se faire entendre et la grève des travailleurs sans papiers leur arme pour obliger le gouvernement à considérer aussi leur situation. Le 17 octobre dans la manifestation pour les Droits des Femmes, elles seront nombreuses pour le dire.

 

Comme nous l’avons dit depuis le début de notre engagement aux côtés des  travailleuses sans papiers et des travailleurs grévistes, nous poursuivrons le combat jusqu’à leur régularisation.

 

 

Un point de presse sera organisé le 17 octobre à 14 précises, devant le N°2 du Bd Beaumarchais 75011

 

 

Paris le 15 octobre 2009

 

Organisation de Femmes Egalité

Contact  06 282 56 282

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12 octobre 2009

Luttes

Sent: Monday, October 12, 2009 1:55 PM

Subject: [PG Migrations] Nouvelle vague de grèves / Dépêche AFP

 

 

 

Plus d'un millier de salariés sans-papiers ont entamé aujourd'hui une grève coordonnée et l'occupation de plusieurs sites à Paris, dont le siège du patronat des travaux publics (FNTP) pour exiger l'application identique pour tous des critères de régularisation par le travail, selon des sources concordantes.

 

"On a plus d'un millier de travailleurs sans papiers en grève, regroupés sur six sites", a indiqué à l'AFP Raymond Chauveau, qui pour la CGT coordonne ce mouvement, avec le concours de Solidaires (syndicats Sud) et le soutien de neuf autres syndicats et associations, dont la CFDT et la Cimade.

 

Dans une récente lettre au gouvernement, ces syndicats et associations ont pointé les blocages qui "persistent voire grandissent", faisant obstacle selon eux à une application égale pour tous des textes permettant la régularisation par le travail, et livrant les travailleurs concernés au règne de l'arbitraire.

 

Selon M. Chauveau, environ 160 se sont regroupés 9 rue de Berry (VIIIe) au siège de la fédération patronale des travaux publics (FNTP), qui a confirmé à l'AFP qu'"une centaine de travailleurs avaient investi pacifiquement son hall d'entrée vers 10h00".

 

Dans le même arrondissement, selon M. Chauveau, une cinquantaine de travailleurs sans-papiers occupaient également les locaux d'un organisme de formation professionnelle de la restauration, le Fafih, 3 rue de la Ville l'Evêque, ce qu'une source proche a également confirmée.

 

Dans le XVIIe arrondissement, environ 350 intérimaires sans-papiers ont entamé l'occupation de trois agences, à l'enseigne CRIT et Synergie rue de Rome, tandis qu'une centaine d'autres se sont installés dans les locaux du groupe Samsic (propreté) rue des Combes. La direction de Samsic n'était pas joignable dans l'immédiat.

Les ouvriers sans-papiers de deux chantiers, une cinquantaine sur un site en démolition rue Lapérouse (XVIe) et une trentaine à Massy sur un site sous-traité par le groupe Bouygues à la société GCC ont également débrayé, selon M. Chauveau.

 

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Manifestation pour la régularisation des sans-papiers à Paris


LEMONDE.FR avec AFP | 10.10.09 | 17h34

Plusieurs milliers de personnes, 3 800 selon la police et 20 000 selon les organisateurs, ont défilé samedi 10 octobre dans les rues de Paris pour demander "la régularisation de tous les sans-papiers". A l'initiative de collectifs de sans-papiers, la manifestation est partie de la rue Baudelique dans le 18e arrondissement, en face d'un immeuble qu'ils ont baptisé "ministère de la régularisation globale de tous les sans-papiers"abritant plusieurs centaines de personnes d'origine immigrée.

Le cortège, très majoritairement masculin et noir, était précédé d'une banderole proclamant "Tous ensemble pour la régularisation de tous les sans-papiers". Il devait rejoindre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, où une délégation devait être reçue dans l'après-midi. "Ces sans-papiers sont dans la précarité, ils veulent travailler, payer des impôts, sortir de l'ombre", a expliqué Mamadou Bramé, un des porte-parole du comité des sans-papiers 75.

Derrière la banderole, Pascal Julien, adjoint (Verts) au maire du 18e arrondissement, est "venu avec [son] écharpe, pour qu'un peu de République soit aux côtés des sans-papiers""Bertolt Brecht disait 'on ne met pas un peuple en prison', de la même façon, moi je dis, on n'expulse pas un peuple qui fait partie du peuple français", a poursuivi M. Julien.

"Est-ce qu'aujourd'hui, on peut toujours être fier de la France et de ses valeurs quand on voit que la délation est acceptée?", s'est interrogé Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France), en référence à l'arrestation d'un sans-papiers samedi dernier après  dénonciation de son banquier, dans une agence de la Société Générale. Le président du Cran a indiqué qu'il rencontrerait lundi la direction de la banque pour "savoir s'il s'agit d'un acte isolé ou d'une politique générale de la banque", précisant que dans le deuxième cas, "il y aura une mobilisation dont je peux déjà dire qu'elle ne sera pas faible".

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