Collectif 28 pour la régularisation des "sans papiers"

26 avril 2012

Deux mineurs en rétention


La grand messe des élections se déroule, le premier tour a eu lieu dimanche.

Loin des médias, des plateaux télé, hors de la connaissance des citoyens, mais en leur nom, les préfectures poursuivent leur sale boulot. Nouvelle cible, les mineurs presque majeurs. Systématiquement accusés de fraude, ces mineurs sont placés en rétention, les préfectures contestent les actes d’état civil, bien que seules les pièces délivrées par l'autorité souveraine d'origine fassent foi. Elles les soumettent à des tests osseux dont la validité n'est reconnue ni légalement ni physiquement, car ils comportent une marge d’erreur de 18 mois et  ne peuvent  pas établir l’âge d’un jeune. 

 

Au total, personne ne sait  exactement ce qui est vrai, ce qui est à moitié vrai ou totalement inventé dans ces biographies de malheureux gamins qui traînent des vies de misère de Yaounde ou de Brazzaville à l'Essonne, à Lyon ou à Pithiviers pour aboutir au CRA de Palaiseau ou à celui du Mesnil-Amelot. Mais finalement,  qu'ils aient  15 ans et demi ou 18 ans et trois mois, quelle importance  ? A l'évidence, l'humanité la plus élémentaire devrait conduire à prendre les mesures les plus à même de les aider à se sortir des situations insupportables qu'ils ont connues et non pas à ajouter de l'odieux à l'horreur comme semblent vouloir le faire certains préfets et ministres.

 

Le Front national n’a pas gagné les élections, Le Pen ne sera pas le prochain président, pourtant c’est sa politique et ses pratiques de brute  qui s’appliquent déjà dans le secret des centres de rétention. Contre les plus faibles, les plus démunis, des jeunes orphelins avec peu ou pas de soutien. Ne laissons pas faire.

 Pour faire savoir ce qu'on pense de leur politique à l'encore président, au ministre et à leurs collaborateurs sans donner prise aux accusations de calomnie ou d'injure, coordonnées ci-dessous. Les préfets après chaque situation.

 Nicolas Sarkozy et ses conseillers  Elysée fax : 01 47 42 24 65 

Conseiller spécial Henri Guaino   henri.guaino@elysee.fr

Secrétaire  général xavier.musca@elysee.fr

guillaume.larrive@elysee.fr

 

 Ministère de l¹Intérieur

claude.gueant@interieur.gouv.fr

Directeur de cabinet :   stephane.bouillon@interieur.gouv.fr

Directeur de cabinet-adjoint :  georges-francois.leclerc@interieur.gouv.fr

Les membres du cabinet chargés de l¹immigration :

pierre.regnault-de-la-mothe@interieur.gouv.fr

henri.zeller@interieur.gouv.fr

christophe.reynaud@interieur.gouv.fr

 

  Secrétariat général à l¹Immigration :

Fax: 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Secrétariat général  secretariat-general@immigration-integration.gouv.fr

Secrétaire général :  stephane.fratacci@immigration-integration.gouv.fr

Directeur de cabinet :  gautier.beranger@immigration-integration.gouv.fr

Chef de cabinet :  charlotte.orgebin@immigration-integration.gouv.fr

 

 

 

Alain KUITANG KENGNE

 

Son acte de naissance le fait naître le 10 mai 1995.

Les tests osseux lui donnent 19 ans en novembre 2011 et 18 ans en avril 2012 ! Il rajeunit !!! C’est aussi convaincant que l’estimation au doigt mouillé, quelle fiabilité et c’est sur cette base qu’on enferme un jeune ! Mais c’est plus facile de déclarer quelqu’un majeur pour l’expulser que de lui venir en aide.

 

Alain dit :

Je suis un jeune camerounais, j’aurai 17 ans le 10 mai. Mes parents sont morts. Je n’ai plus que ma petite sœur au pays, qui vit chez nos  voisins.

Je suis arrivé en France le 20 mars 2011 avec l’aide d’un monsieur malien qui m’a proposé de travailler pour lui sans rémunération, en échange de quoi il me paierait mon billet d’avion pour la France. J’ai travaillé pour lui pendant 2 ans. Il m’a ensuite payé mon billet d’avion. Il m’a prêté des papiers et je suis arrivé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. A mon arrivée, le monsieur malien était là. Il m’a donné 50€ et m’a dit que je devais me débrouiller seul désormais.

J’ai pris le RER jusqu’à la Gare du Nord. Je dormais dans la rue faisais la manche dans le RER B. Un jour, je suis descendu à la station Massy-Verrières et je suis entré dans un commissariat car j’avais très froid et je ne savais pas où aller. Je leur ai montré mon acte de naissance. Les policiers m’ont dit que je ne pouvais pas être pris en charge car tous les dispositifs étaient saturés en région parisienne et que je devais donc attendre.

 

Puis, en novembre 2011, j’ai été arrêté parce que j’avais tenté de voler dans une pharmacie. J’ai été amené au commissariat de Sainte Geneviève. Je leur ai donné mon certificat de naissance mais j’ai été emmené à l’hôpital pour faire des examens qui m’ont déclaré majeur. On m’a donné une obligation de quitter le territoire français sans délai et on m’a laissé partir.

Ensuite, au mois de décembre 2011, j’ai été arrêté pour avoir tenté de dérober un pantalon et des chaussettes parce que j’avais froid. J’ai été amené au commissariat d’Evry. Vu que j’avais déjà été arrêté en novembre, j’ai déclaré un faux nom et une fausse nationalité comme le monsieur malien me l’avait conseillé. Toutefois, au cours de la fouille, les policiers ont trouvé mon acte de naissance. J’ai été relâché mais on ne m’a pas rendu mon acte de naissance.

J’ai continué à mendier à Paris et j’ai pu récolter la somme de 60€. En janvier 2012, j’ai décidé de partir à Lyon où j'ai été pris en charge par l'ASE à partir du 14 février sur décision d'un juge des tutelles des mineurs. Je n’ai pas dit ma vraie identité et ma vraie date de naissance au juge et à mon assistante sociale car j’avais peur que la préfecture me retrouve, je n’ai pas osé dire que la police avait mon acte de naissance.

Mon assistante sociale et le juge m'ont conseillé de suivre une formation, mais je n’ai pratiquement pas été à l’école. Comme j'étais très intéressé par l’armée, j'aurais pu entrer dans la Légion étrangère, mais  je devais être majeur et en possession d'une pièce d'identité. En avril, j’ai donc décidé de partir seul à Paris pour récupérer les documents dont j’avais besoin, pour la légion étrangère et pour le juge des tutelles des mineurs.

Mais à Paris, j'ai à nouveau été interpellé, les tests osseux m’ont donné 18 ans. Le 06 avril 2012, un arrêté de placement en rétention de monsieur le préfet de l’Essonne m’a été notifié et depuis je suis au CRA de Palaiseau. J’ai fait un recours contre l’arrêté de placement qui a été rejeté, j’ai ensuite déposé un référé-liberté qui a été rejeté.

 Pourtant un fax avait été envoyé par le juge des tutelles des mineurs de Lyon confirmant qu’une ordonnance avait bien ouvert une mesure de tutelle à mon égard et le commissariat d'Evry m'avait transmis une copie de mon acte de naissance.

  Le 17 avril 2012, j’ai été présenté à mon consulat.

Malgré tout cela, Alain KUITANG KENGNE est maintenu en rétention !

 

Coordonnées du préfet de l’Essonne :

préfet : michel.fuzeau@essonne.gouv.fr

secrétaire général : pascal.sanjuan@essonne.gouv.fr

éloignement : isabelle.bromboszcz@essonne.gouv.fr

 

 

Tous les ingrédients d'un mauvais roman,

Grace KIBAKALA NZOUSSI

Grace scolarisée au lycée Blanche de Castille à Pithiviers (Loiret) vient de rater deux semaines de cours.

C'est une élève de seconde de presque 16 ans, comme tout le monde, si ce n'est qu'elle vient du Congo et vit chez sa cousine et tutrice légale.

Sa tutrice a demandé à la Sous-Préfecture du Loiret le document de libre circulation pour mineurs, comme pour tous les mineurs nés à l'étranger vivant dans une famille régularisée.

Suite à une convocation de la gendarmerie, sa la tutrice et Grace, munie de son passeport attestant qu’elle est née en 96, se sont précipitées le 06 avril 2012 au rendez-vous, pensant récupérer le document de libre circulation.

Cependant, tout a tourné à la catastrophe :

Ce rendez-vous était une convocation piège. Grace a été arrêtée, accusée d'avoir de faux papiers et d'être majeure. Une fouille chez les tuteurs s’en est suivie et n’a apporté aucune preuve. Elle a pourtant été jetée en rétention au Mesnil-Amelot, dans un monde d'adultes qu'elle ne sait pas encore affronter. Lors de l’audience au tribunal administratif, Grace apprenait que le passeport qu’elle avait apporté à la gendarmerie a disparu.

 

Elle est très isolée, perdue dans cette prison, au milieu des adultes, essentiellement des hommes. Sa tutrice  n'a pu passer la voir qu'une fois, car le  transport coûte une cinquantaine d’euros et 6 heures de déplacement, pour 30 minutes de visite au parloir.

 

Grace avait un avocat, mais tous ses recours ont été perdus. Pour l’administration et la justice, Grace serait majeure, sans que l’on sache vraiment quelles en sont les preuves alors que des documents qui n'ont pas encore été examinés semblent attester du contraire.

 

Le passeport remis à la gendarmerie et qui aurait disparu, ainsi que l’attestation d’identité consulaire présentée à son inscription au lycée, sont des pièces délivrées par des autorités souveraines et font foi en France, prouvant qu’elle est bien mineure.

 

Pour ceux qui ont rencontré cette jeune fille et lui ont parlé chaque jour ainsi qu'à ses tuteurs, il ne fait aucun doute que Grace est loin d’avoir 18 ans !

Il est grand temps, maintenant, de le faire savoir par notre mobilisation et de faire cesser ce scandaleux enfermement !

Nous demandons au préfet du Loiret de reconnaître la minorité de Grace, d’annuler l’Obligation de Quitter le Territoire Français dont elle fait l’objet et d’ordonner sa libération immédiate.

 

 

signez et faites signer la pétition http://resf.info/P2261 et écrivez au préfet du Loiret

 

  

Coordonnées :

Préfecture du Loiret

181 rue de Bourgogne 
45042 ORLEANS Cedex 2
tél. : 0 821 80 30 45 / 02 38 53 32 48
Fax : 02 38 53 32 48

Préfet :

Michel CAMUX : michel.camux@loiret.gouv.fr

Directeur de Cabinet :

Yann DROUET : yann.drouet@loiret.gouv.fr

Bureau du Cabinet :

Laurent BIGAULT : laurent.bigault@loiret.gouv.fr

Tel. : 02 38 81 40 15
Fax : 02 38 81 40 19

 

_______________________________________________
Resf.info@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resf.info

Posté par collectif28sp à 16:17 - Commentaires [0]


Camps d'étrangers

>

Aujourd'hui, dans la plupart des pays européens, l'accès des journalistes et des membres de la société civile aux lieux d'enfermement des migrants est strictement limité et encadré. La campagne "Open access" appelle les journalistes et les membres de la société civile à visiter les lieux d'enfermements d'étrangers, afin d'informer et de soutenir le présent appel.

Camps d'étrangers en Europe: Ouvrez les portes! On a le droit de savoir!

Parce que les citoyens européens ont le droit des connaitre les conséquences des politiques mises en place en leur nom, nous demandons l'accès aux centres d'enfermement des journalistes et de la société civile.

>

Aujourd'hui en Europe, environ 600 000 personnes, y compris des enfants, sont détenus chaque année, le plus souvent sur simple décision administrative. Cette détention, ou "rétention", peut durer jusqu'à 18 mois, dans l'attente d'une expulsion, au seul motif d'avoir enfreint les lois sur l'entrée et le séjour des étrangers des Etats membres de l'UE. Ce n'est pas seulement de la liberté de mouvement que ces personnes sont privées, mais aussi, souvent, de l'accès à des conseils juridiques, à des soins, au droit de vivre en famille...

Les citoyens européens peuvent ils dire qu'ils ne savent pas ?

> Oui ! Car aujourd'hui, dans la plupart des pays européens, l'accès des journalistes et des membres de la société civile aux lieux d'enfermement des migrants est strictement limité et encadré. Souvent, il est impossible de rencontrer ou même de parler aux détenus. En général, seuls les parlementaires disposent d'un droit d'accès.

Cette opacité est propice aux dérives et à de multiples violations des droits.

> Pourtant, l'accès à l'information est un droit inaliénable des citoyens européens, défendu par l'ensemble des institutions européennes. L'article 11 de la Charte des Droits Fondamentaux mentionne "la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérences d'autorités publiques".

> Même la directive "retour" du 16 décembre 2008, dénoncée par nombre d'organisations notamment pour ce qui concerne la durée de rétention, prévoit que "les organisations et instances nationales, internationales et non gouvernementales, ont la possibilité de visiter les centre de rétention".

Ces principes doivent être respectés.

> Les lieux d'enfermement des étrangers ne doivent pas rester une réalité qu'on nous cache. Pourquoi n'y aurions nous pas accès? Nous voulons savoir ce qui s'y passe. 
>  

C'est pourquoi:
>  
  • Nous appelons le gouvernements des Etats membres et les institutions de l'UE à agir pour que l'accès des centres de détention ou de rétention soit ouvert à la société civile et à la presse;
  • Nous appelons aussi les parlementaires et les personnes dont l'accès est assuré à se mobiliser pour encourager l'évolution des législations nationales dans ce domaine.
  • Et parce que, de plus en plus, la politique migratoire de l'UE s' "externalise" , incitant les Etats tiers à installer des camps de détention sur leur propre territoire pour empêcher les migrants de rejoindre l'Europe, l'ouverture et la transparence que nous réclamons pour les lieux d'enfermement doit aussi être la norme pour ces pays non européens. 
http://www.openaccessnow.eu/fr/topics/la-video-de-campagne/
 

Posté par collectif28sp à 16:10 - Commentaires [0]
25 avril 2012

Comité de soutien aux expulsés du 115. Fin de l'histoire .

Voilà l'histoire , en 11 épisodes  : Une conférence de presse du Fac . Deux manifestations devant la Préfecture. Deux rendez-vous  du comité de soutien avec la DDCHPP ( Direction Départementale de la Cohésion sociale et de la Protection des Populations) .  un rendez-vous avec le Préfet soi-même, un rendez-vous avec le FAC  ( sa directrice et le président du conseil d'administration).   Deux rendez-vous ( à notre connaissance) entre le Fac et la DDCS PP.  Trois coups au cœur, trois risques d'infarctus : le premier, à l'annonce de la mise à la rue d'une cinquantaine de personnes, dont 20 enfants. Le second, à la vue  du fait accompli : le Fac, -pour montrer quoi? sa détermination devant l'obstination des services préfectoraux à ne pas augmenter les subventions demandées? – joue d'une dialectique  perverse et redoutable : il ne met pas les gens dehors mais les laisse dans les appartements en reprenant leurs clés ,  ce qui signifie qu'ils sont dedans mais en étant dehors aussi; non pas enfermés dehors , ni enfermés dedans mais ouverts à tous vents dedans.  Dehors tout en étant encore dedans . On  les laisse dedans pour montrer qu'ils sont dehors.   Sans intimité ni sécurité.  Pendant 10 jours.  Ruses, calculs, stratégies.  Qui  est piégé dans l'histoire? Les résidents, le comité de soutien, la Préfecture?  Troisième coup au cœur : le comité de soutien aux expulsés est prévenu in extrémis d'une réunion  entre les résidents et le Fac, alors  que naïvement il croyait la crise passée. Il pensait la loi appliquée, au terme des deux rassemblements devant la Préfecture et d'un premier entretien avec la DDCSPP. Au terme aussi de l'échec des démarches des résidents auprès du juge administratif d'Orléans ( référés libertés), qui enjoignait les résidents à se tourner vers le FAC pour  conserver leur place en hébergement d'urgence, et qui dédouanait les services de la  Préfecture.  Or à cette réunion du  jeudi 12 avril,  on apprend avec stupéfaction que  des solutions sont trouvées pour 30 personnes,  que 12 restent encore sans hébergement,  et parmi elles il y a 5 enfants.  La Préfecture a donné une liste nominative des personnes expulsables, le Fac exécute, dit-il .  De qui se moque-t-on? Parmi les "expulsés" il y a des gens qui ont fait des référés libertés et à qui le juge a répondu qu'il n'y avait pas de problème et qu'ils étaient toujours hébergés! Je peux témoigner, j'ai les documents.  Donc : il y a12 personnes à la rue, alors que le juge d'Orléans a affirmé qu'ils ne l'étaient pas une semaine auparavant .  Ce n'est plus de la dialectique ,  c'est du grand écart. Entre le droit et le fait, choisissez le droit, le fait on s'en fout. Vous êtes hébergés, même si vous ne l'êtes plus. C'est ça, l'intégration républicaine. Vous connaissez les lois, ça suffit, et ne  cherchez pas à savoir si elles sont appliquées ou non.  Revendiquez-les, c'est bien, ça montre que notre France est douce, mais  n'ouvrez pas vos yeux pour dénoncer les contradictions entre le droit et ce que vous vivez. On vous les fermera bien vite. Vous êtes  expulsé le 16, mais le 4 vous ne l'étiez pas. Alors où est le problème? … Par la même occasion, ce jour –là,  le gestionnaire du 115 rend les clés à tout le monde, espérant que d'ultimes "négociations" pourront résoudre la crise. On souffle le chaud ( remise des clés) et le froid (rien n'est résolu). Qui  est perdant, dans l'histoire?  Qui se sent manipulé? De quelles émotions joue-ton ? Quels dégoûts ajoute-ton aux dégoûts déjà en train de s'installer, face  à ces dénis massifs d'application de lois dont tout le monde répète qu'elles sont "fondamentales". Alors , bien obligé, on ne lâche pas .  Dernier rendez-vous du comité de soutien au "expulsés" dans le bureau du Préfet :  et là  on apprend aussitôt que   29000 euros sont " déjà"   alloués au Fac dans sa gestion du 115  - sur un budget de 420000 euros, soit  environ 7% si je compte bien- . Ainsi des solutions ont été trouvées, il y a toujours seulement 30 places pour les hébergements d'urgence mais les moyens financiers pour accompagner les  hébergés  sont augmentés, et d'autres  cadres d'hébergement ou de logement sont offertes pour certaines personnes. Opération " à tiroir" puisque le Fac est une structure énorme, gestionnaire d'une quantité de services différents.  Les "hébergés" passent d'un tiroir à l'autre, d'un service à l'autre, d'un appartement à un autre..    Si par malheur cet été  d'autres "sans logis" demandent à être logés, pardon , hébergés,  le 115 répondra que tout est déjà complet,  et que dehors il fait chaud. Qu'ils reviennent cet hiver, il y aura augmentation du nombre de places autorisées.   

"Dramatisation " excessive ,   nous signifie  M.  X, Préfet d'Eure-et-Loir.  Dramatisation excessive d'une situation somme toute banale : des gens à la rue , promenez-vous dans toutes les villes, vous en verrez partout.

Dramatisation excessive, vraiment! Mais Monsieur le Préfet, ce n'est pas 29000 Euros que vous auriez dû lâcher, mais le double, le triple, le décuple et bien plus…  Et ce n'est pas 30 places pour le dispositif d'urgence  de l'été, mais bien  davantage…Car  des gens en détresse, il y en a de plus en plus, vous le savez bien. Et  si vous  connaissez  si bien les nuances entre être hébergé et être logé, vous savez fort bien que des gens qui ont besoin d'être "hébergé" une nuit ou une semaine auront aussi besoin  de ces hébergements les semaines suivantes , car on ne trouve pas par  miracle une solution pour pouvoir travailler,  payer ses dettes et  trouver un moyen durable d'avoir un toit sur sa tête .  On n'en trouve pas non plus pour avoir des "papiers" .  Car disons-le, au 115 il y a beaucoup de familles sans papiers, et en  longue attente de  recours multiples et variés pour pouvoir résider légalement ici. Les "sans papiers" ont des droits, des droits fondamentaux : droit d'être soigné, mais cela se restreint de façon drastique, droit d'aller à l'école, ça au moins cela paraît  effectif, droit d'être "hébergé".  Mais pour combien de temps ? Comment travailler à être régularisé si  on ne sait jamais où on dormira le soir? LA jungle Calais va-t-elle s'étendre dans toutes les villes ?

Et qui  osera dire le premier à haute voix : puisqu'ils n'ont pas "vocation"  ( -encore un mot  bizarre, "vocation" :  vocabulaire religieux, ce n'est pas  Guéant qui ne veut pas, c'est Dieu qui parle par ses  politiques- ) à  rester , pourquoi les "héberger"? Sans les loger bien sûr; l'hébergement  même n'est-il pas de trop? Etre logé, c'est durable, mais il y a des conditions. On ne peut pas "loger" des "sans papiers",  voyez-vous ça, puisqu'ils se maintiennent illégalement sur le sol français. 

Hébergé, c'est l'oiseau sur la branche ;  tous les jours, et à la rigueur toutes les semaines, il faut demander,  quémander presque , au risque qu'on vous dise : ah non ce n'est plus possible.  Et tant pis si vous avez des enfants, si vous êtes malade;  tant pis si vos enfants parlent français,   et/ ou sont nés en France, si vous êtes là depuis longtemps, si vous n'avez pas l'argent nécessaire pour  toutes les démarches administratives qu'on vous impose,   etc, j'en passe et des bien meilleures.  Toutes les semaines des craintes, des émotions  graves . Des humiliations, encore et toujours. .  

Autrement dit,  d'ailleurs ils sont ici,  les "sans papiers", mais personne ne doit ni les voir, ni les aider, ni  exiger qu'ils aient accès à des droits fondamentaux, ni affirmer que ce serait si simple de leur en donner, des "papiers", pour leur permettre de travailler, et d'avoir de quoi trouver eux-mêmes de quoi se loger.  Droit fondamental, vous savez ce que cela ceut dire? C'est inscrit dans la Constitution française, et la Constitution commande les gouvernements successifs, qu'il soient " de droite" ou "de gauche" .

L'hébergement du 115, c'est sans conditions.  C'est une liberté fondamentale, pour tous, sans  exception, sans critères, sans  quotas,  sans  rien savoir de ceux qui demandent. C'est magnifique.  C'est une  grande victoire de la pensée que  d'affirmer qu'il y a des droits humains universels, et que  à ces droits  devraient être  subordonnés  les droits positifs et relatifs  des différents gouvernements. 

 Monsieur le Préfet, si vous ne voulez pas rentrer dans des considérations  mesquines, électoralistes ou xénophobes,  si vous voulez  maintenir la fantastique éclaircie du 115,  dans laquelle qui que vous soyez,  si vous êtes en grande détresse matérielle ou psychologique, sans qu'on vous demande rien  d'autre que des traces  visibles de cette détresse, vous  pouvez  dormir  en sécurité quelque part,  augmentez vos subventions, augmentez le nombre de lits. Vous n'entendez  pas la  plainte  de ceux qui ne peuvent  plus se mettre en colère et se solidariser pour revendiquer justice ?  Vous n'entendez pas leur humiliation d'avoir à mendier, comme si ce n'était pas un droit, jour après jour , un toit pour dormir?  Vous n'entendez pas  que tout homme, toute femme, tout enfant  sur le sol français   est légitimé à revendiquer l'exercice de ces droits, que vous êtes à votre place pour  les garantir, et choisir  dans vos actions de gouvernement l'ensemble des conditions qui permettent  de les rendre effectifs? 

 Augmentez vos subventions, augmentez le chiffre de l'hébergement d'urgence, l'été, et l'hiver.  De l'argent il y en a ,  - c'est le nôtre- , vous pouvez répartir autrement. 

 

 

Posté par collectif28sp à 12:17 - Commentaires [0]
13 juin 2011

FAIT DIVERS OU EVENEMENT ??

 

 

Mardi 24 Mai à Chartres : une femme, terrorisée se précipite par la fenêtre du 4ème étage.

Elle pense que les policiers qui frappent à la porte viennent l’arrêtre et l’expulser.

Cette femme n’avait pas de papiers.

Elle est actuellement hospitalisée dans un état grave.

 

Dans le cadre d’une politique européenne de fermeture des frontières, la loi Besson – 4ème loi sur l’immigration en 7 ans – aggrave les mesures faisant obstacle à l’accueil des étrangers.

Ces lois mettent en place une image négative de l’étranger pour en faire le bouc émissaire de tous les problèmes économiques et sociaux en surfant sur les peurs et les préjugés.

Une agence européenne, Frontex, est chargée de refouler sur mer les migrants tentant de venir en Europe. Des milliers de personnes meurent en Méditerranée, les autres se retrouvent dans les camps d’enfermement qui se multiplient dans toute l’Europe.(voir article "étau mortel").

En France, les Centres de Rétention Administrative on été multipliés par 3 depuis 3 ans. La durée des séjours est augmentée jusqu’à 45 jours, on retient des familles avec enfants ; il y a des barbelés, des chiens et des gardiens. L’accès au droit n’est jamais assuré.

Toutes ces mesures font des étrangers venant demander asile des délinquants.

Or s’ils sont là c’est à cause des guerres, de la misère, de l’inégalité absolue provoquée par un système économique et politique mondial soucieux de produire plus pour que les riches possèdent plus.

 

CONTROLER  - BLOQUER - ENFERMER - CACHER - ELOIGNER  - EXPULSER - DESHUMANISER -LAISSER MOURIR ,

 

 est-ce cela une   politique d’immigration dans un pays démocratique ??

 

Cette politique met en péril nos propre libertés,. Nous avons mieux à faire que de nous défier les uns des autres.

Ne nous laissons pas manipuler par cette propagande.

Chaque homme en vaut un autre.

 

INVENTONS ENSEMBLE DES POLITIQUES DE SOLIDARITE ET D’HOSPITALITE .

 

Collectif 28 pour la régularisation des sans papiers.

 

Collectif28sanspapiers@yahoo.fr

 

Blog : http://collectif28sansp.canalblog.com

 

Posté par collectif28sp à 09:55 - Commentaires [1]

Étau mortel en mer Méditerranée


Migreurop

 


Des centaines de boat people tués par l’in-action de la coalition internationale

[ English / Español / italiano ]

Depuis janvier 2011, environ 1 000 personnes sont mortes en mer en essayant d’atteindre les côtes fortifiées des rives sud de l’Union européenne. Elles sont venues s’ajouter aux quelques 15 000 morts victimes d’une « guerre aux migrants » qui atteint actuellement des sommets d’inhumanité. Ainsi, selon des informations concordantes, depuis plusieurs jours un bateau transportant plus de 600 personnes est en perdition au large des côtes libyennes [1], dans l’indifférence générale.

Cette indifférence tue. Dans son édition du 8 mai, le journal britannique The Guardian rapporte qu’au début du mois d’avril une soixantaine de boat people sont morts de faim et de soif après avoir dérivé des journées entières. Sous la menace des patrouilles chargées d’empêcher l’approche des côtes italiennes et maltaises, ils étaient aussi sous le regard des bâtiments de la coalition internationale engagée en Libye.
Une enquête impartiale doit rapidement déterminer les responsabilités de l’ensemble des acteurs qui ont manqué à leur devoir d’assister les bâtiments et les personnes en détresse, violant les lois les plus élémentaires du droit maritime international.
Au-delà de ces événements, symptomatiques des contradictions d’une coalition garante de la « responsabilité de protéger » défendue par la communauté internationale, c’est l’ensemble de la politique européenne d’immigration et de contrôle des frontières qui est en cause. Depuis le début des années 2000, les pays d’Afrique du Nord jouent le rôle de garde-frontières de l’Europe, en pourchassant et en enfermant les personnes qui souhaitent mettre en œuvre leur droit à émigrer (art. 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme). La sous-traitance des contrôles migratoires aux régimes dictatoriaux est au cœur de la politique de voisinage de l’UE. Face aux événements historiques que connaît le monde arabe, la réaction des pays européens a été de faire pression sur les forces politiques issues des soulèvements populaires (gouvernement provisoire tunisien, conseil national de la transition libyen) pour qu’elles assument pleinement l’héritage répressif et liberticide des dictateurs-partenaires de l’UE.
Pour empêcher quelques milliers de personnes qui, se saisissant de l’opportunité offerte par l’affaiblissement des appareils policiers, tentaient de se rendre en Europe, l’agence Frontex a déployé ses moyens militaires (navires, avions, hélicoptères…) autour de l’île de Lampedusa et face aux côtes tunisiennes et libyennes. L’objectif de cette opération Hermes est de dissuader tout départ vers le nord, au mépris de la convention de Genève de 1951 et du principe de non-refoulement des demandeurs d’asile.
Les exilés partant d’Afrique du Nord et en recherche de protection en Europe sont aujourd’hui pris dans un étau mortel. D’un côté, le régime du colonel Kadhafi les pousse sur de véritables épaves des mers ; de l’autre des navires battant pavillon des pays de la coalition internationale refusent d’assister ces boat people en péril.
Les États européens et l’agence Frontex ne peuvent pas continuer de violer impunément les conventions internationales en matière de sauvetage en mer et de protection des réfugiés. Une intervention solidaire de l’UE en Méditerranée est possible [2] et doit mettre fin à l’attitude inhumaine des pays européens à l’encontre des migrants partis d’Afrique du Nord. Tant que ces hostilités n’auront pas cessé, la coalition engagée au nom de la « responsabilité de protéger » continuera de tuer au mépris du droit international qu’elle est supposée incarner.


[1] Dépêche AFP du 11 mai 2011 « Les migrants africains, victimes collatérales de la guerre civile en Libye »
[2] Voir le communiqué Migreurop du 3/5/11 « Appel pour une intervention solidaire de l’Union européenne en Méditerranée »

 

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site
www.migreurop.org





_

Posté par collectif28sp à 09:48 - Commentaires [0]


11 juin 2011

Communiqué du Gisti

Des centaines de boat people meurent en Méditerranée
Le Gisti va déposer plainte contre l’OTAN, l’Union européenne et les pays de la coalition en opération en Libye


Face aux centaines de naufrages mortels en Méditerranée, peut-on se contenter de dénoncer le silence assourdissant dans lequel des vies disparaissent à nos portes ? Doit-on se résoudre à l’impuissance devant des politiques migratoires auxquelles on ne pourrait rien changer ? Ces noyé·e·s ne sont pas les victimes de catastrophes naturelles, mais de décisions politiques mises en œuvre par des exécutants dont les responsabilités doivent être pointées. Devant ces atteintes au droit le plus fondamental – le droit à la vie – il faut que des procédures soient engagées et que justice soit rendue. Il faut mettre fin à cette hécatombe.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dénombré à la fin de mai quelque 1 500 victimes de noyade parmi les boat people qui, depuis février dernier, s’efforcent de gagner l’Europe à partir des côtes du Maghreb et du Machrek.

Ces drames ne font que s’ajouter à tous ceux qui se déroulent, dans l’indifférence, depuis plus de vingt ans ; Fortress Europe enregistre 17 317 décès documentés depuis 1988. Mais combien d’autres victimes invisibles de la politique européenne de lutte contre l’immigration qu’elle appelle illégale ?

De ces naufrages, des épaves transformées en cercueils flottants d’hommes, de femmes et d’enfants morts d’épuisement, de faim et de soif après de longues dérives en mer, l’opinion a pris l’habitude. Elle a pu croire à leur caractère inéluctable. Elle a pu ignorer que les équipements anti-migratoires de l’agence européenne Frontex étaient forcément les témoins de nombre de ces drames, en Méditerranée comme ailleurs…

Mais la donne a changé depuis qu’une coalition internationale et les forces de l’OTAN interviennent en Libye. Aujourd’hui, awacs, drones, avions, hélicoptères, radars et bâtiments de guerre surveillent tout ce qui bouge en Méditerranée. Ils ne peuvent pas ne pas voir les bateaux des exilés originaires d’Afrique subsaharienne qui cherchent à fuir la Libye. Ils ne peuvent pas ne pas voir lorsque, de Tunisie, du Maroc ou d’Algérie, des jeunes sans espoir s’entassent dans une embarcation fragile pour gagner l’Italie ou l’Espagne.

En n’intervenant pas, ils se rendent coupables de non-assistance à personne en danger. Ceci ne peut rester impuni.

Les États puissants de la planète se sont mobilisés militairement pour, disent-ils, empêcher le massacre de populations civiles et mettre en œuvre « la responsabilité de protéger » dont l’ONU est garante. Mais la responsabilité de protéger ne passe-t-elle pas aussi par le respect du droit maritime, des conventions internationales en matière de sauvetage en mer et des textes sur la protection des réfugiés ?

Nous ne pouvons plus contempler les images de corps ramenés à terre après des naufrages, ou apprendre par des survivants combien de personnes étaient à bord d’un bateau disparu en mer. Nous voulons savoir qui sont les responsables de ces morts : l’Union européenne ? l’agence Frontex ? l’OTAN ? les États de la coalition formée en Libye ?

C’est pourquoi le Gisti s’apprête à lancer - avec ceux qui voudront s’associer à cette démarche - une campagne de plaintes, sur la base d’éléments recueillis auprès de victimes et de témoins de ces drames. À l’heure des révolutions arabes, les États européens ne peuvent plus continuer à considérer les boat people comme des vies sans valeur. La Méditerranée doit cesser d’être le champ de bataille de la guerre aux migrants pour redevenir un espace de droits et de solidarités.

9 juin 2011


Posté par collectif28sp à 14:15 - Commentaires [0]
31 mai 2011

GUÉANT, NUL TOI-MÊME !

RESF - Réseau éducation sans frontières
 

Le ministre de l’intérieur, dans sa détestation de ceux qu’ils présentent comme des immigrés, s’est trouvé une nouvelle cible : les enfants de familles « immigrées » (traduisez originaires du Magreb et d’Afrique), coupables – selon lui – de représenter les deux tiers des échecs scolaires, une statistique qu’il est bien en peine d’étayer. M. Guéant est coutumier du fait : quand il ne tord pas les chiffres pour les plier à son bon vouloir, il les invente pour coller aux instructions de son mentor élyséen.

Plus encore, devant le tollé qu’ont provoqué ses chiffres bidon, il rétropédale tout en rajoutant que ces mêmes deux tiers d’enfants sortiraient de l’appareil scolaire sans diplôme. Il faut donc en conclure que, pour Guéant, les enfants « d’immigrés » seraient pour la plupart définitivement nuls et inaptes à la scolarisation. Et, qui sait ?  non fondés à rester dans un pays dont il est bien connu que la politique de l’éducation menée par le gouvernement dont il fait partie assure à tous les élèves, quel que soit leur milieu, les mêmes chances et la même réussite scolaire ?

Les chercheurs en éducation, c’est leur expertise, ont immédiatement répliqué au ministre et confronté ses propos aux données existantes. Mauvaise note pour Guéant. Mutisme honteux par contre depuis dimanche du ministre en charge de l’éducation, qu’on a vu plus disert lorsqu’il s’agit de défendre les saignées dans les effectifs d’enseignants et la disparition des RASED.

De fait, Guéant ministre de l’intérieur, en charge de l’immigration, a priori garant de la cohésion républicaine, s’est lancé dans la course à l’échalote du mieux disant xénophobe. Sous prétexte d’examiner les résultats scolaires « des enfants d’immigrés », il englobe dans sa vitupération l’ensemble de l’immigration passée, présente et à venir, leurs enfants, petits enfants, et arrière petits enfants, jusqu’à combien de générations au juste ? Bref, il fait la danse du ventre devant Marine le Pen. Il faut bien justifier sa politique de traque et d’expulsion des étrangers.

En outre, M. Guéant tiendrait-il pour négligeable le fait que la majorité des élèves qu’il attaque sont de nationalité française et ont des parents français ? Double faute, M. le ministre ! Non seulement, vous stigmatisez une partie de la population scolaire de ce pays, mais vous vous en prenez aux enfants de nos et de vos concitoyens, au mépris de deux principes républicains intangibles : l’égalité de traitement de tous les citoyens et la scolarisation de tous les enfants, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent ! Le moins que vous pourriez faire serait d’adresser des excuses publiques à tous ces enfants et à leurs parents, immigrés ou non, français ou étrangers.

Une nouvelle fois, M. Guéant a perdu une occasion de se taire. Ayatollah d’une idéologie xénophobe, exécuteur zélé d’une politique d’immigration fondée sur les fantasmes et lâchement électoraliste, il démontre aujourd’hui à la France entière qu’il veut stigmatiser les Français d’origine étrangère.

Ce qui se passe est grave. Par ses propos, Claude Guéant sème le trouble et l’insécurité dans toute la société, celle qui ne fait pas partie de la petite caste des parvenus qui nous gouvernent. Immigré ou pas, pauvre, chômeur, précaire, jeune, ou tout à la fois, qui sera le prochain stigmatisé, le prochain rejeté, pour mauvais résultat ? Les attaques contre les étrangers menacent la société tout entière. Nous ne devons pas les tolérer. Ce ministre de guerre civile doit partir.

Le 28 mai 2011

Vous pouvez retrouver ce communiqué de RESF sur le site
www.educationsansfrontieres.org


Posté par collectif28sp à 18:46 - Commentaires [0]

GUÉANT, NUL TOI-MÊME !

RESF - Réseau éducation sans frontières
 

Le ministre de l’intérieur, dans sa détestation de ceux qu’ils présentent comme des immigrés, s’est trouvé une nouvelle cible : les enfants de familles « immigrées » (traduisez originaires du Magreb et d’Afrique), coupables – selon lui – de représenter les deux tiers des échecs scolaires, une statistique qu’il est bien en peine d’étayer. M. Guéant est coutumier du fait : quand il ne tord pas les chiffres pour les plier à son bon vouloir, il les invente pour coller aux instructions de son mentor élyséen.

Plus encore, devant le tollé qu’ont provoqué ses chiffres bidon, il rétropédale tout en rajoutant que ces mêmes deux tiers d’enfants sortiraient de l’appareil scolaire sans diplôme. Il faut donc en conclure que, pour Guéant, les enfants « d’immigrés » seraient pour la plupart définitivement nuls et inaptes à la scolarisation. Et, qui sait ?  non fondés à rester dans un pays dont il est bien connu que la politique de l’éducation menée par le gouvernement dont il fait partie assure à tous les élèves, quel que soit leur milieu, les mêmes chances et la même réussite scolaire ?

Les chercheurs en éducation, c’est leur expertise, ont immédiatement répliqué au ministre et confronté ses propos aux données existantes. Mauvaise note pour Guéant. Mutisme honteux par contre depuis dimanche du ministre en charge de l’éducation, qu’on a vu plus disert lorsqu’il s’agit de défendre les saignées dans les effectifs d’enseignants et la disparition des RASED.

De fait, Guéant ministre de l’intérieur, en charge de l’immigration, a priori garant de la cohésion républicaine, s’est lancé dans la course à l’échalote du mieux disant xénophobe. Sous prétexte d’examiner les résultats scolaires « des enfants d’immigrés », il englobe dans sa vitupération l’ensemble de l’immigration passée, présente et à venir, leurs enfants, petits enfants, et arrière petits enfants, jusqu’à combien de générations au juste ? Bref, il fait la danse du ventre devant Marine le Pen. Il faut bien justifier sa politique de traque et d’expulsion des étrangers.

En outre, M. Guéant tiendrait-il pour négligeable le fait que la majorité des élèves qu’il attaque sont de nationalité française et ont des parents français ? Double faute, M. le ministre ! Non seulement, vous stigmatisez une partie de la population scolaire de ce pays, mais vous vous en prenez aux enfants de nos et de vos concitoyens, au mépris de deux principes républicains intangibles : l’égalité de traitement de tous les citoyens et la scolarisation de tous les enfants, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent ! Le moins que vous pourriez faire serait d’adresser des excuses publiques à tous ces enfants et à leurs parents, immigrés ou non, français ou étrangers.

Une nouvelle fois, M. Guéant a perdu une occasion de se taire. Ayatollah d’une idéologie xénophobe, exécuteur zélé d’une politique d’immigration fondée sur les fantasmes et lâchement électoraliste, il démontre aujourd’hui à la France entière qu’il veut stigmatiser les Français d’origine étrangère.

Ce qui se passe est grave. Par ses propos, Claude Guéant sème le trouble et l’insécurité dans toute la société, celle qui ne fait pas partie de la petite caste des parvenus qui nous gouvernent. Immigré ou pas, pauvre, chômeur, précaire, jeune, ou tout à la fois, qui sera le prochain stigmatisé, le prochain rejeté, pour mauvais résultat ? Les attaques contre les étrangers menacent la société tout entière. Nous ne devons pas les tolérer. Ce ministre de guerre civile doit partir.

Le 28 mai 2011

Vous pouvez retrouver ce communiqué de RESF sur le site
www.educationsansfrontieres.org


Posté par collectif28sp à 18:46 - Commentaires [0]

témoignage

Bonjour les amis

j'ai fait un petit voyage dans le sud tout près de la frontière italienne, près de Vintimille.
Dans le village, les gens se mobilisent pour faire des repas tous les soirs et les porter aux jeunes gens tunisiens (et parfois lybiens) bloqués en Italie, je me suis jointe à eux un soir. Nous avons retrouvé sur la plage un groupe venu pour la distribution de nourriture qui a lieu tous les soirs depuis trois semaines. A part ça ils reçoivent du pain et du thon de la Croix Rouge et sont logés soit à la gare soit à la Croix Rouge, suivant les moments. IL y a aussi une solidarité qui s'exprime de groupes italiens qui viennent aussi les rencontrer et les aider
Quand les migrants tunisiens prennent le train pour tenter de passer en France, la police les arrête et les refoule, menottés, à Vintimille. Certains y arrivent (dix par jour, environ, paraît-il). Vous imaginez que les "contrôles au faciès", dans ce cas, fonctionnent à plein!
Et pourtant ! ces jeunes Tunisiens ne sont vraiment pas très nombreux ! Ils étaient 70 pour la distribution de nourriture, et ils seraient deux cents au maximum à Vintimille, qui espèrent pouvoir entrer en France. 
Et c'est pour quelques dizaines de personnes qu'une telle politique de refoulement à la frontière est menée !! En Tunisie, c'est par dizaines de milliers que sont entrés des réfugiés de différentes nationalités.
Samedi 28, pour l'action "D'ailleurs nous sommes d'ici", les militants italiens et français ont réussi à faire une chaîne humaine à travers la frontière à Menton, pour joindre, par leur présence, les migrants bloqués en Italie au territoire français qui les refuse. Ils y sont parvenus , mais à grand peine parce que les forces de police étaient nombreuses des deux côtés, et voulaient empêcher les gens (Français et Italiens - les autres ça va sans dire) de passer la frontière pour faire la chaîne. Mais c'était une belle fête quand même, m'a dit ma soeur qui participe à ces actions.

Elle m'a expliqué d'autre part que si elle appréciait la spontanéité de ces actions et leur côté festif, elle regrettait ne pas entendre les analyses plus politiques et globales comme apparemment nous arrivons à le faire davantage. Ce sont des choses, des actions complémentaires , donc, il me semble, et pour moi c'était très encourageant de voir qu'on se relaie d'un lieu à l'autre pour que ces choses là soient faites et pour que l'information circule. 
Voilà cela m'a paru intéressant de vous raconter tout ça.

Posté par collectif28sp à 18:44 - Commentaires [0]
25 mai 2011

APPEL

APPEL  : VENDREDI 27 MAI A 17h30
RASSEMBLEMENT ET CONFERENCE DE PRESSE
Devant la préfecture de Chartres pour dénoncer une politique
d'immigration qui accule une personne à un geste fatal.
Pour dire notre émotion devant un tel évènement : une femme
qui saute du 4ème étage pour échapper aux policiers, tellement 
elle a peur. 
 Pour demander la l'abrogation de ces lois et la régularisation des
sans papiers.
Pour protester contre la xénophobie d'état.
Nous nous plaçons ainsi dans l'appel national que l'on trouve 
ci-dessous.
Soyez nombreux.




Posté par collectif28sp à 18:12 - Commentaires [1]