11 mars 2010
Indépendance et moyens de la HALDE menacés : la lutte contre les discriminations sacrifiée ?
A l’heure où la présidence de la HALDE doit être renouvelée, les organisations de lutte contre les discriminations s’inquiètent des rumeurs persistantes qui depuis de longs mois maintenant font état de menaces lourdes qui pèsent sur la HALDE.
Le projet de défenseur des droits, créé par la révision constitutionnelle de juillet 2008, dont les attributions doivent inclure celles du médiateur de la République, du défenseur des enfants et de la Commission nationale
de déontologie de la sécurité pourrait maintenant aussi incorporer celles de l'institution indépendante en charge de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité.
Et ce n’est pas la première attaque contre l’institution chargée de la lutte contre les discriminations, déjà en novembre, lors de l'examen du projet de loi de finance pour 2010, un amendement parlementaire avait envisagé une réduction de ses moyens pouvant aller jusqu’à 20% de son budget actuel, budget qui a finalement été effectivement réduit.
Le futur défenseur des droits aura des pouvoirs et des prérogatives importants, notamment un pouvoir d'injonction. Cependant tous les éléments nécessaires à la garantie de son indépendance ne sont pas réunis. Par ailleurs, et cela est extrêmement problématique, son caractère généraliste fait craindre une dilution des missions spécifiques assurées par chacune des autorités indépendantes qu'il remplacera. La spécificité de la HALDE est nécessaire pour assurer que la lutte contre les discriminations soit menée sans faiblesse. Ces cinq années d'existence de la HALDE ont été récemment l'occasion pour l'autorité administrative indépendante de dresser un premier bilan, à savoir l'augmentation des réclamations qui est passée de 1500 à 10000 par an et une plus grande notoriété acquise. La qualité de ses délibérations, l'efficacité de son action et son expertise indéniable ont été saluées.
Pour le gouvernement, cette réalité agace et ce d'autant plus que la HALDE est venue plusieurs fois contredire des projets de loi comme par exemple le projet de loi sur l'immigration, avec l’affaire des tests ADN sur les candidats à l’immigration, ou encore celui sur les gens du voyage. Elle a, plusieurs fois, rappelé à l'ordre le gouvernement sur des dispositions qu'elle jugeait discriminatoires. Elle a aussi souvent et beaucoup mis la pression sur les employeurs, l'emploi restant, et de très loin, son premier domaine de saisine. En leur demandant de justifier leurs choix de recrutement, de lui fournir des documents attestant de leur parfaite équité dans les promotions et augmentations de salaire, la HALDE a fait progresser indéniablement la diffusion de la connaissance de l’interdit discriminatoire.
Nous, organisations de défense des droits de l'Homme, des salariés et de lutte contre toutes les discriminations, dénonçons tout projet qui ferait perdre à la HALDE sa spécificité, son expertise, son efficacité et son indépendance, nécessaires pour que les dossiers dont elle se saisit soient menés à leur terme, y compris quand les auteurs de discriminations sont des décideurs économiques ou politiques. La lutte contre les discriminations nécessitant beaucoup de moyens financiers et humains, Le gouvernement doit montrer sa détermination à faire progresser la lutte contre toutes les discriminations en augmentant les moyens qui y sont consacrés et en garantissant l'indépendance de l'institution qui les combat.
AFIP ; Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS) ; Comité National pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CNPSAA) ; Fédération LGBT ; FNATH ; Fédération Syndicale Unitaire ; Inter-LGBT ; Inter TRANS' ; Ligue des Droits de l'Homme ; Mix-Cité Paris ; MRAP ; ORTrans ; SOS Racisme ; Syndicat de la Magistrature ; Unapei ; Union Syndicale Solidaires
05 mars 2010
LA CIMADE
02 mars 2010
Enfants cachés d'hier, enfants menacés d'expulsion aujourd'hui, quels adultes pour demain?
C'est en effet dans ce petit hameau du Nord des Cévennes qu'en 1942 La Cimade accueilla et cacha de nombreux enfants menacés de déportation. Grâce à la solidarité de tous les habitants du plateau Vivarais-Lignon, qui à l'appel des pasteurs cachèrent dans les fermes alentour de très nombreuses personnes menacées, presque tous les enfants furent sauvés.
Cependant, cette expérience les aura marqués à jamais. Séparés de leurs frères ou soeurs par mesure de sécurité, changeant d'identité administrative, parfois de religion, ils ont dû apprendre à construire une frontière étanche avec leur vie d'avant pour ne pas se trahir. Dépendants de personnes qui n'étaient pas leurs parents, ils ont eu à se comporter prématurément comme des adultes. Dans une étude récente Marion Feldman s'interroge ainsi sur le devenir de ces enfants « cachés ». Quel peut être l'impact de l'histoire collective sur la construction individuelle, identitaire de ces enfants? Que deviennent ces enfants ayant souffert de menace mortelle, de l'exil, du silence?
Aujourd'hui, ces questions résonnent étrangement avec les situations vécues par les enfants sans papiers, devant faire face au déracinement, à l'incertitude et à la menace quotidienne de l'expulsion, obligés parfois de se cacher. Avec notamment Réseau Education Sans Frontière, La Cimade accompagne nombre de ces enfants « indésirables ». Quel est le sens de cette solidarité d'hier à aujourd'hui? Sans chercher à rapprocher des époques incomparables, réfléchir à l'histoire des « enfants cachés » durant la Seconde Guerre Mondiale nous invite à nous questionner sur les réalités actuelles vécues par des enfants « expulsables ». Quels adultes vont-ils devenir? Et quelle société s'apprête -on à construire? Quand certains enfants se voient marqués du sceau de l'indésirable, quand ils sont érigés en boucs émissaires, n'est-ce pas la société toute entière qui est menacée? N'est-ce pas notre propre humanité qui est en danger?
A l'occasion de son soixante dixième anniversaire, La Cimade invite donc le public à retracer l'histoire des solidarités d'hier à aujourd'hui avec les enfants menacés pour mieux se questionner sur le sens de notre engagement aujourd'hui et demain.
> Retrouvez tout le programme de ces journées de débats et de rencontres placées sous le signe de l'enfance ici.
Discrimination
« la Fédération française [de foot] fait du zèle et impose, pour la délivrance de licences, des conditions manifestement discriminatoires : non seulement cette attestation de présence en France depuis cinq ans, mais aussi, selon les cas, le permis de séjour des parents, leur contrat de travail, voire leur bulletin de salaire. Edito du Monde LE MONDE | 04.03.10 | 12h34 • Mis à jour le 04.03.10 | 12h34 oilà une histoire - des histoires, des centaines d'histoires... - qui en disent long sur l'évolution des mentalités dans la "douce France". Depuis octobre 2009, la Fédération française de football exige une attestation de présence en France depuis cinq ans pour octroyer une licence à un mineur étranger souhaitant jouer au football dans un club amateur. En quatre mois, quelque huit cents jeunes se seraient ainsi vu refuser une licence, selon les présidents de plusieurs clubs franciliens. L'intention affichée est louable. Depuis des années, le monde du football est gangrené par de véritables trafics de jeunes joueurs, recrutés par des agents véreux en Afrique, en Amérique latine ou dans les pays de l'Europe de l'Est. Appâtés par la promesse d'un avenir meilleur, aveuglés par l'exemple de bon nombre de stars du ballon rond, ces jeunes font l'objet de ce que les responsables de l'Union européenne de football (UEFA) n'hésitent pas à qualifier d'"esclavage moderne". La Fédération internationale de football elle-même, a instauré, le 1er octobre 2009, une réglementation plus rigoureuse pour tenter de juguler le phénomène. Mais, devant l'afflux de dossiers, elle a délégué aux fédérations nationales l'application de ce nouveau règlement du statut et du transfert des joueurs. Depuis, la Fédération française fait du zèle et impose, pour la délivrance de licences, des conditions manifestement discriminatoires : non seulement cette attestation de présence en France depuis cinq ans, mais aussi, selon les cas, le permis de séjour des parents, leur contrat de travail, voire leur bulletin de salaire. La concomitance entre la mise en place de ces règles abusives, le lancement au même moment par Eric Besson du débat sur "l'identité nationale" et le durcissement de la réglementation sur les travailleurs sans papiers, est pour le moins troublante. Tout se passe comme si la lutte contre l'immigration clandestine justifiait toutes les discriminations. Au pays des droits de l'homme et des champions du monde 1998 "black-blanc-beur", c'est choquant. A quelques mois d'une Coupe du monde organisée en Afrique du Sud, dans l'ancienne patrie de l'apartheid, c'est d'autant plus choquant. Et, de surcroît, absurde : pour des enfants étrangers de 8 ans, ou pour des adolescents de 14, dans des milieux évidemment défavorisés, le football est bien l'un des rares moyens d'intégration, l'une des rares occasions de "rêver" la France. Article paru dans l'édition du 05.03.10 Source TERRA : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/04/discrimination_1314335_3232.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20100304-[opinions]
La concomitance entre la mise en place de ces règles abusives, le lancement au même moment par Eric Besson du débat sur "l'identité nationale" et le durcissement de la réglementation sur les travailleurs sans papiers, est pour le moins troublante.
Tout se passe comme si la lutte contre l'immigration clandestine justifiait toutes les discriminations. »
26 février 2010
Les Roms-Tsiganes à nouveau boucs émissaires ?
Curieusement, ces accusations de "trafic d'êtres humains" et d'exploitation de la mendicité, sont absentes des tribunaux. En France, la "traite des êtres humains" est bien réprimée par l'article L.225-41 du Code pénal mais, d'après les annuaires statistiques de la justice, aucune condamnation pénale n'a eu lieu pour ce délit avant 2006, année à partir de laquelle les données ne sont plus disponibles. Après cette date, aucune condamnation à ce titre n'a toutefois été relevée, ni par la presse ni par les associations. Pour ce qui est du délit d'"exploitation de la mendicité", réprimé par l'article L.225-12-5 du code pénal, le constat est le même : on ne trouve pas trace de condamnation ou de jurisprudence reconnaissant l'existence de ce délit. Comment, dans ces conditions, juger de la réalité des "trafic d'êtres humains" et, qui plus est, de l'ampleur de ces derniers au sein des populations Roms ou Tsiganes ? Par ailleurs, selon des chiffres de la préfecture de Paris repris dans l'article du Monde en date du 15 février 2010, "40 % des Roms mis en cause pour des délits à Paris étaient mineurs". Depuis quand est-on en capacité, en France, d'indiquer l'origine ethnique des personnes présentes sur le territoire et/ou des délinquants, mineurs ou non ? Peut-on prouver autrement que sur la base d'affirmations gratuites, c'est-à-dire données officielles à l'appui, cette prétendue délinquance massive tsigano-roumaine ? L'article du Monde fait enfin état, pour 2009, d'"environ huit mille Roms […] reconduits en Roumanie avec, en poche, un billet d'avion et 300 euros". L'information est erronée car le chiffre de huit mille personnes reconduites à la frontière concerne les ressortissants roumains et bulgares dans leur ensemble. On voudrait ainsi faire croire que les Roms, de par leurs "agissements", mettent à mal la "famille européenne", selon l'expression de M. Lellouche. Ils se serviraient de la liberté de circulation pour implanter, en France et dans d'autres pays d'Europe occidentale, ces activités criminelles ou délictueuses que sont le "trafic d'êtres humains" et la "mendicité commerciale". En véhiculant ce type de discours, les autorités font d'une pierre deux coups. Elles légitiment la nécessité de contrôler étroitement ces groupes et s'apprêtent, de ce fait, à restreindre la liberté de circulation, laquelle figure pourtant parmi les principes fondateurs de la citoyenneté européenne. Face à des groupes sociaux présentés comme "dangereux", l'administration réinvente donc sa "politique tsigane" selon un schéma bien connu des historiens : identification des personnes et limitation de la circulation de certaines catégories de population. Pour ce faire, il y a les "classiques" échanges de données administratives et la coopération policière bilatérale, deux pratiques qui existent depuis 2002. Il est également prévu, mais on en parle moins, de mettre en place un fichier national d'empreintes digitales "pour éviter que les bénéficiaires d'une aide au retour ne reviennent [en France]" (Le Figaro en date du 15 février 2010). Va-t-on ficher des personnes sur le simple postulat qu'elles reviennent alors même qu'elles en ont le droit ? Rappelons que le gouvernement de Berlusconi a été vivement critiqué par la communauté internationale lors du fichage ethnique réalisé au cours de l'été 2008. Aujourd'hui, on homogénéise des groupes étrangers sur une base ethnique. Tout porte à croire qu'on pourra ensuite élargir cette catégorie à d'autres personnes, jugées proches ou apparentées, en particulier ceux désignés comme "Tsiganes" ou comme "gens du voyage", qui sont installés depuis des siècles sur le territoire national et déjà bien mal tolérés. En Italie, de récentes décisions locales autorisent déjà cette confusion et un traitement "ethnique" collectif. En septembre 2008, la présidence de l'Union européenne, française, organisait un sommet pour l'"inclusion des Roms en Europe". En janvier 2010, le gouvernement Fillon semble favorable à l'application de mesures administratives discriminatoires visant directement ces populations. Amnésie soudaine ? Pure démagogie politique ? Dans tous les cas, les raisons de s'inquiéter sont réelles, pour les Roms comme pour l'ensemble des citoyens européens. Avec Liberté de Tony Gatlif, l'actualité cinématographique nous rappelle en effet que les mesures administratives contre les Tsiganes ont toujours été liées à des périodes douloureuses de l'histoire contemporaine. Marie Bidet, Grégoire Cousin, Samuel Delépine, Régis Guyon, Olivier Legros, Martin Olivera et Xavier Rothéa ; membres du réseau Urba-Rom. Regroupant une soixantaine de chercheurs européens, ce réseau vise en particulier à assurer une veille scientifique sur les questions liées aux politiques en direction des Roms-Tsiganes.
On s'étonne ainsi de voir successivement abordés, dans ce même article, le thème de la migration des Roms de Roumanie vers la France puis ceux de "l'aide au retour humanitaire" proposée par la France aux ressortissants communautaires en situation précaire et de la prétendue délinquance juvénile des enfants roms, qui serait elle-même organisée en "trafics", comme si les sujets étaient liés les uns aux autres de façon naturelle et logique. Ces affirmations – au sujet du "trafic d'êtres humains" et de la délinquance juvénile organisée – reposent davantage sur une série d'amalgames et d'idées reçues que sur des faits. Le procédé n'est pas nouveau. En 2005, l'émission "C dans l'air" du 11 février sur France 5, intitulée Délinquance : la route des Roms, avait valu à France Télévisions une condamnation pour "incitation à la haine" en mai 2009. Trois années plus tôt, Le Monde avait fait part de l'"exploitation effrénée des mineurs et des adultes handicapés" en France, sensément liée aux migrations des Roms roumains puisque, selon cet article, "depuis la chute du régime communiste, la mendicité est devenue [en Roumanie] une véritable industrie contrôlée par des réseaux mafieux dont la plupart sont d'origine tsigane" (Le Monde, 13 juillet 2002). Aujourd'hui, des responsables politiques européens tiennent des propos similaires. C'est le cas du ministre des affaires étrangères roumain, Teodor Baconschi, qui a pu déclarer à M. Lellouche, sans que celui-ci s'en émeuve d'ailleurs : "Nous avons[en Roumanie] des problèmes physiologiques, naturels, de criminalité au sein de certaines communautés […], en particulier parmi les groupes de citoyens roumains d'ethnie rom."
25 février 2010
Contre la criminalisation des défenseurs des droits des étrangers
Le Gisti dénonce depuis longtemps le harcèlement moral, policier et judiciaire que subissent les militants menacés de poursuites en raison de « l’aide directe ou indirecte, apportée à l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France » (art. L. 622-1du Ceseda [3]). La répression dépasse maintenant de beaucoup l’application de ce seul article inique. La fermeture du local de No Border où étaient hébergés des exilés de Calais illustre l’imagination débordante des pouvoirs publics en la matière. Dans cette affaire, de simples arrêtés municipaux à la légalité douteuse, pris pour des motifs d’ « insalubrité », auront suffi à criminaliser les migrants et leurs soutiens, à clochardiser un peu plus encore les exilés et à couvrir les violences policières. Selon une méthode désormais bien rôdée, les délits d’outrage, d’injure, de diffamation ou de rébellion sont utilisés pour poursuivre et condamner les personnes qui protestent contre la politique menée à l’égard des étrangers [4]. Plus grave encore, l’arsenal « anti-terroriste » a également été mis en branle à plusieurs reprises contre des mouvements luttant pour la fermeture des centres de rétention et la liberté de circulation, avec à la clef des arrestations musclées et des détentions provisoires dépassant parfois une année. Les militants arrêtés ou poursuivis en ces occasions ont été déclarés coupables avant même d’avoir été jugés, à coup de déclarations haineuses et diffamatoires. Le ministre de l’immigration a qualifié de « violents » les militants de No Border sur la seule base de leur engagement en faveur des exilés. On voit réapparaître des catégories de pensée que l’on croyait révolues. Pour le porte-parole de l’UMP, l’altermondialisme relève d’ « idées antinationales », et « certaines associations ou pseudo-associations » doivent « rendre des comptes à la justice ». Avec les récentes actions policières contre des militants de la liberté de circulation, ses vœux sont en passe d’être exaucés. Le Gisti dénonce cette nouvelle forme de chasse aux sorcières qui prétend ériger en délit d’opinion la revendication d’une autre politique migratoire. Il réaffirme son soutien aux « délinquants de la solidarité », et au-delà, à tous ceux qui défendent l’égalité des droits entre nationaux et étrangers et la liberté de circulation.
Film sur les travailleurs sans papiers
Débat à l’assemblée nationale et triste célébration de la grande cause nationale française 2010 de « lutte contre les violences
C’est pour avoir voulu échapper non seulement à un mariage forcé dans son pays d’origine qu’elle avait fui il y a cinq ans, mais aussi à celle d’un nouveau projet de mariage avec un cousin et à la violence de son propre frère auprès de qui elle avait cherché refuge dans le Loiret, que Najlae – en voulant déposer plainte et demander protection à la gendarmerie de Châteaurenard – s’est heurtée à la politique du chiffre du gouvernement en matière d’expulsion de jeunes scolarisé(e)s sans papiers !
Agée de 19 ans et suivant les cours du lycée professionnel d’ Olivet (Loiret), Najlae a été placée en Garde à vue par les gendarmes et renvoyée de force le 21 février 2010 vers le Maroc qu’elle avait décidé de fuir à 14 ans. Le MRAP partage l’indignation générale, notamment celle exprimée par le Collectif Orléanais des Droits des Femmes qui rappelle à juste titre d’autres violences subies par des femmes dans le même département.
Selon les propos du secrétaire général de la préfecture du Loiret le mardi 21 février, rendus immédiatement publics sur Europe1.fr, l'expulsion de Najlae a été menée "dans des conditions régulières" et "il n'y a pas de problème juridique" puisque "la loi a été appliquée". La préfecture a même pu assurer une reconduite "rapide" car la jeune fille "avait ses documents de voyage et qu'il y avait un vol" à destination du Maroc.
Le MRAP, qui partage les doutes exprimés quant au respect de la légalité, dénonce l’inhumanité et l’inconséquence de tels propos et rappelle avec force l’obligation pour la France de pleinement respecter la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et, tout particulièrement, ses articles N° 3 «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne» et N° 9 «Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé».
Alors que l’assemblée nationale examine ce jour une proposition de loi sur les violences faites aux femmes, portée par la droite comme par la gauche, le MRAP exige des pouvoirs publics - préfecture du Loiret aussi bien que ministère « de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement solidaire » - qu’ils fassent immédiatement revenir Najlae en France pour y bénéficier de protection et pouvoir y poursuivre librement sa vie et ses études.
Paris 24 février 2010
Une affiche à la SNCF stigmatise une nationalité : choquant et indigne
C’est un mélange entre bêtise humaine, stéréotype et racisme caractérisé qui se reflète dans une petite affichette de couleur rouge, dont le journal en ligne « Rue89 » a révélé l’existence.
L’affichette, découverte le 1er février dernier par l’écrivain Mouloud Akkouche alors qu’il effectuait un trajet dans un train régional dans les environs de Toulouse, stigmatise tous les membres d’une nation.
En effet, on peut y lire, dans une orthographe approximative : « Ces dernières semaines des soucis ont été rencontrés avec des Roumains. En effet de nombreux vols de bagages ont été constatés.(…) tous les faits de roumains (sic) doivent être signalés » au PC national de sûreté de la SNCF.
Il importe en premier lieu de préciser que ce n’est pas une nationalité, ni une appartenance « ethnique », qui confère la qualité de voleur. S’il existe des groupes de personnes commettant des vols et ayant, le cas échéant, la nationalité roumaine, l‘immense majorité des ressortissants de ce pays ne s’en rendent absolument pas coupables; pas davantage que, par exemple, l’immense majorité des Français, Italiens, Estoniens ou Brésiliens…
Probablement, derrière la nationalité roumaine, était-ce un « groupe » que l’auteur ou les auteurs de cette affichette cherchaient plus particulièrement à stigmatiser, celui des Rroms originaires d’Europe de l’est, réveillant ainsi des stéréotypes et préjugés ancestraux mais non moins profondément racistes et dangereux. Ce sont de tels préjugés qui ont conduit, dans l’histoire récente européenne, à un génocide au cours duquel lequel plus de 500.000 Rroms ou autres personnes d’origine « tzigane » ont été annihilés. Au moment de la sortie d’un film bouleversant évoquant une partie de cette histoire - « Liberté » de Tony Gatlif - il n’est que temps de s’en souvenir.
Selon les informations disponibles, aucun passager de la SNCF ne se serait plaint de la note. En fin de compte, ce sont des contrôleurs de la SNCF qui, ayant découvert cette affichette dans leur casier, se sont plaints de son contenu. L’affichette a ainsi été retirée au bout d’une semaine. Ce sont ces salariés qui ont donné une leçon de conscience citoyenne, que le MRAP tient à saluer.
Alors que le comité de Toulouse du MRAP a adressé un courrier à la direction concernée de la SNCF,
le MRAP demande à cette dernière de tout faire pour faciliter l’identification des auteurs de l’affiche et se réserve la possibilité de toute action judiciaire qui pourrait être entreprise, au titre de l’incitation à la haine ou à la discrimination racistes.
Paris, le 25 février 2010
ManiFESTATION
Le 27 Février 2010 : une manifestation républicaine qui s'annonce prometteuse
Dans le cadre de la 5ème semaine anti-coloniale, à l'appel de 85 organisations ( associations, mouvements, partis politiques, syndicats…), une manifestation exigeant la suppression du ministère de l'immigration et de l'identité nationale est soutenue par plus de 80 organisations. Elle partira de la Place de la Bourse à 15 heures pour se rendre à ce ministère de la honte.
Dans cette période où la parole se libère, y compris de la part de ministres qui n'hésitent plus à tenir des propos xénophobes, attisant les réactions racistes, ce parcours hautement symbolique sera l'un des moments forts de cette semaine qui a rencontré un vif succès. Toutes les initiatives organisées par les différentes associations s'exprimant à cette occasion ont fait le plein.
Des rassemblements sont également prévus à Strasbourg, Epinal, Besançon, et Le Puy-en-Velay... Deux marches de la dignité partant de la Drôme et de l'Ardèche se rencontreront à Donzère, la ville dont Monsieur Besson est le maire.
Dans l'impossibilité de dernière minute de pouvoir disposer du Palais Brongniard, nous regrettons d'être contraints d'annuler Le Stand Anticolonial et le Bal Anticolonial prévus le samedi.
Par contre, le jury devant décerner les pris ses "meilleurs" colonialistes (selon les catégories) de l'année se réunira Dimanche 28 Février à la Salle Jean Dame à Paris 2ème, après la projection du film "L'arme de crime" de Robert Guédiguian.
Le point de ralliement du MRAP sera à la sortie du Métro Bourse, côté rue du 4 Septembre à 14h30.
Paris, le 25 février 2010
20 février 2010
COMMUNIQUE DE PRESSE
AGRESSION CONTRE LES GREVISTES DE MULTIPRO : METTONS LES SOUS NOTRE PROTECTION !
Cette après-midi, les 32 intérimaires sans-papiers de Multipro (20ème), en grève pour leur régularisation depuis le 12 octobre avec le soutien de Solidaires et du groupe des 11, avaient prévu un rassemblement devant une agence de cette société. Ces 15 derniers jours, ils ont multiplié les actions (occupation d'un chantier le 11/02, rassemblement devant les locaux de Multipro les 05 et 12/02) en compagnie des Comités de Soutien des 11ème et 20ème.
Ils se heurtent à un mur: leur employeur, qui les exploite depuis des années, refuse de les reconnaître et de délivrer les CERFAS dont ils ont besoin pour être régularisés. Alors que des promesses avaient été faites par certains de ses collaborateurs, suite à l'occupation d'un chantier d'un de ses principaux donneurs d'ordre, le patron de Multipro a refusé au cours de la semaine toute négociation et discussion...
Dans le passé, il a agressé à 2 reprises des grévistes et des militants. Aujourd'hui, il a franchi une nouvelle étape. Alors que les manifestants se rassemblaient pacifiquement devant son agence 235, boulevard Voltaire, une vingtaine de gros bras casqués, appelés par ses soins, ont lancé des insultes racistes et agressé physiquement le rassemblement. Plusieurs grévistes et soutiens, dont des personnes âgées, ont été frappés violemment, bousculées et jetées à terre. Il y a eu plusieurs blessés et une militante, frappée, a eu un malaise et a été emmenée aux urgences.
Des plaintes seront déposées. Les grévistes, Solidaires, l’UL CGT et les Comités de Soutien des 11 et 20 ème dénoncent cette agression, le recours à la violence par Multipro et l'atteinte au droit de grève.
Solidaires, l’UL CGT et les Comités de Soutien des 11 et 20ème placent sous leur protection les grévistes et appellent la population et les élus à se joindre à eux. Nous ne laisserons pas faire et appelons à un rassemblement de protestation et de solidarité mercredi 24/02 à 17H30 place de la Nation (angle rue Faubourg Saint-Antoine et Boulevard Voltaire).
Solidaires, UL CGT 20ème, Comités de Soutien 11ème et 20ème
Contacts presse :
-Dominique Durand 06 80 13 43 33
-Thierry Laprévote 06 11 71 30 97




