D'après un rapport de l'organisation Amnesty International, la violence contre les Roms a augmenté nettement en Europe. Dans des pays comme la Grèce ou la République tchèque, les exactions sont le fait de groupes d'extrême droite avec la complicité de la police. Le rapport pointe aussi du doigt la France et le harcèlement policier organisé par l'État.

Comme l'ont été les populations juives pendant la crise économique des années trente, les Roms sont aujourd'hui les cibles faciles visées par les groupes d'extrême droite qui se développent, d'abord dans les pays d'Europe les plus touchés par la crise économique.

En Grèce, un parti comme Aube dorée organise une propagande et des actions contre les travailleurs immigrés en général et les Roms en particulier. Le rapport d'Amnesty international ajoute que, lors de ses interventions, la police interpelle plus souvent les victimes que les criminels et que « les policiers eux-mêmes se rendent coupables de crimes inspirés par la haine ».

En République tchèque, le rapport note qu'« en 2013, des groupes tchèques d'extrême droite ont organisé une série de manifestations contre les Roms dans plusieurs dizaines de villes » avec un « déferlement d'injures racistes et de tactiques d'intimidation ».

Enfin, Amnesty International dénonce l'attitude de la police française. Selon elle, la plupart des 20 000 Roms vivant en France sont constamment menacés d'expulsion et victimes de harcèlement policier. Et elle rappelle à juste titre les déclarations odieuses en septembre 2013 du ministre de l'Intérieur de l'époque, Manuel Valls, à propos des Roms, selon lequel « ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres » et ont « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ».

La crise n'a pas encore en France la profondeur qu'elle a en Grèce ou dans d'autres pays. Mais si elle s'aggrave et s'il n'y a pas une riposte consciente de la classe ouvrière, il est possible que des groupes d'extrême droite s'enhardissent, en commençant par se faire la main contre les plus pauvres et les plus fragiles comme les Roms. Et cela, d'autant plus qu'ils pourront miser, comme en Grèce ou en République tchèque, sur l'indulgence voire la complicité de la police. Et ces bandes d'extrême droite pourront aussi, en cas de besoin, faire le coup de poing contre les organisations ouvrières ou les travailleurs en grève.

La propagande actuelle contre les Roms, déversée par des politiciens de droite bon chic bon genre mais aussi par des politiciens prétendument de gauche comme Manuel ­Valls, est crapuleuse. Ces responsables politiques, en voulant flatter les préjugés les plus réactionnaires, préparent les esprits à accepter la violence raciste et préparent le terrain à l'extrême droite.

Lutte Ouvrière n°2384 du 11 avril 2014, http://www.lutte-ouvriere.org/